Le choix du successeur de Bruno Gehrig à la tête de la BNS se précise. Jeudi soir, un comité préparatoire de quatre personnes – Jean-Pierre Roth, le PDG, Niklaus Blattner, membre de la direction générale, ainsi que les président et vice-président du conseil de banque, le PDC Hansueli Raggenbass et le radical Philippe Pidoux – a présenté le résultat de ses consultations au comité de banque. Celui-ci est composé de 10 personnalités politiques, parmi lesquelles figurent notamment Philippe Pidoux, Serge Gaillard, Jean-Philippe Maitre. Ce comité a choisi le candidat qu'il soumettra le 7 mars aux 40 membres du conseil de banque. Le choix final sera envoyé au conseil fédéral qui tranchera.

En tête des noms qui ont circulé avec insistance vient celui du chef économiste de la BNS, Ulrich Kohli (Le Temps de vendredi). Il a à son actif une bonne connaissance de la politique monétaire et de la maison, une sérieuse aptitude à communiquer et à travailler en équipe. Selon le Tages-Anzeiger de vendredi toutefois, la personne choisie par le comité de banque est Philipp Hildebrand, responsable de l'asset management à l'Union Bancaire Privée (UBP), ce qu'ont confirmé deux sources au Temps, dont Rudolf Strahm, conseiller national socialiste. Hansueli Raggenbass refuse pour sa part de communiquer un nom mais affirme que, tant au comité préparatoire qu'au comité de banque, le choix a été unanime. Pour une raison simple: la personne était celle qui correspondait le mieux aux critères retenus.

Cela faisait plusieurs semaines que le nom de Philipp Hildebrand circulait, mais il n'était généralement pas en tête de liste. Ses points forts seraient une connaissance étendue des différents aspects de l'économie et de la banque, une expérience internationale. Son «jeune» âge pour une telle fonction, 40 ans, présenté par certains comme un handicap, peut en fait être intéressant si l'on songe à la succession, dans quelques années, de Jean-Pierre Roth. Le fait que Philipp Hildebrand ne soit pas issu du sérail suscite des réactions très diverses, selon que l'on aspire à un bol d'air frais ou à la continuité.

Le vrai handicap viendrait plutôt de ses sympathies radicales, alors que la BNS est déjà dirigée par deux personnalités proches du parti. Plusieurs personnes contestent cette vision politisée de Philipp Hildebrand, affirmant qu'il n'est pas actif en politique. Mais l'image existe et peut être gênante si l'on pense que toutes les sensibilités sont traditionnellement représentées au conseil de banque. D'un autre côté, si le candidat a passé sans encombre l'étape d'un comité de banque aussi politisé, cette question a moins de sens.

Certains observateurs se demandent quand même si l'apparition sous les feux de la rampe de Philipp Hildebrand ne constitue pas une manœuvre politique, destinée par exemple à détourner l'attention du candidat réel. Quoi qu'il en soit, le conseil de banque n'est pas obligé de suivre l'avis du comité.