Face à la reprise économique qui s'amorce, la Banque nationale suisse se tient prête à relever son taux directeur pour la première fois depuis quatre ans.

Dans un exposé prononcé au Finance Institute de Kreuzlingen (TG), Philipp Hildebrand, membre du directoire de la BNS, a souligné que celle-ci est «consciente que la politique monétaire actuelle est très expansionniste» et «normalisera la situation dès que la reprise et le dynamisme attendu se confirment».

Le mois dernier, le taux directeur avait été maintenu au niveau plancher de 0,25% pour le quatrième trimestre consécutif, la Suisse ayant connu en 2003 sa moins bonne performance économique de la décennie. Dorénavant, «elle bénéficie d'une accélération de l'économie mondiale, d'un potentiel d'inflation qui reste faible et des bas taux d'intérêt qui en découlent, rappelle Philipp Hildebrand. Les entreprises ont assaini leur bilan et amélioré leur productivité.» Le taux de croissance devrait se situer entre 1,5 et 2%, estime la BNS, qui s'attend par ailleurs à une légère poussée des prix en 2004, mais «il est évident que le niveau actuel d'inflation ne saurait fonder une politique monétaire, qui doit s'orienter sur les risques à moyen terme», a-t-il ajouté.

Pas avant le second semestre

Parmi les banques centrales, seule celle d'Angleterre a relevé ses taux cette année. La Banque du Japon maintient sa politique d'intérêt zéro, la Banque centrale européenne a laissé son taux inchangé à 2% le mois dernier. Quant à la Fed américaine, les marchés anticipent non seulement une, mais peut-être deux hausses de taux cette année (lire ci-dessus).

Selon un récent sondage auprès d'une association d'économistes, la BNS ne devrait pas relever son taux directeur avant le second semestre. En mars, le Fonds monétaire international lui a recommandé de ne pas bouger avant que la reprise «naissante» soit «assurée».