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La BNS reste de marbre face au franc fort

L’euro frôle le taux plancher mais les statistiques ne révèlent pas d’intervention

La BNS reste de marbre face au franc fort

Changes L’euro frôle le taux plancher mais les statistiques ne révèlent pas d’intervention

L’euro se rapproche dangereusement du taux plancher de 1,20 franc, que la Banque nationale suisse (BNS) défend avec «toute sa détermination» depuis septembre 2011. Ce lundi, la monnaie unique valait 1,2015 franc, un niveau qu’elle n’avait pas côtoyé depuis plus de deux ans.

Pourtant, la BNS ne semble pas avoir ressorti l’artillerie lourde. La semaine dernière, les dépôts à vue – un indicateur fiable de ses achats de devises – ont augmenté de seulement 895 millions de francs, a calculé Credit Suisse, sur la base de documents publiés lundi par la banque centrale. Selon l’économiste Maxime Botteron, rien ne prouve que la BNS se montre pour l’instant très active sur le marché des changes. Ce d’autant que cette statistique inclut les émissions ou les remboursements d’obligations de la Confédération et pas seulement ces éventuels achats.

En 2012, au plus fort de la crise en zone euro, la BNS a parfois été amenée à acheter pour plus de 15 milliards de francs de monnaies étrangères par semaine, afin de défendre le taux plancher. En ce moment, il n’est plus question d’éclatement de la zone euro. Si l’euro baisse, c’est en raison des attentes autour d’un assouplissement de la politique monétaire européenne. L’initiative sur l’or de la BNS, susceptible d’affaiblir sa marge de manœuvre, serait aussi en cause.

«Tactique de la peur»

Tout comme pourrait l’être la décision, le 9 novembre dernier, des autorités hongroises de faciliter la conversion des quelque 10 milliards de francs d’hypothèques libellées en francs suisses dans le pays. Le mécanisme prévu par le Ministère hongrois de l’économie est tel qu’il pourrait conduire les banques de détail locales à vendre des euros pour acquérir des francs, explique Maxime Botteron.

Qu’attend donc la BNS, alors que la paire euro-franc est dans la zone de vérité? Peter Rosenstreich, chef stratège des devises chez Swissquote, a une théorie: «Cette inaction pourrait résulter d’une tactique de la peur de la BNS, qui voudrait démontrer les risques potentiels de déstabilisation d’un oui à l’initiative sur l’or.»

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