Ce sont bien les développements internationaux qui ont poussé la Banque nationale suisse (BNS) à agir en janvier dernier. Andréa Maechler, lors de son premier discours depuis qu’elle a rejoint le directoire de l’institution début juillet, l’a expliqué en détail jeudi soir. La nouvelle numéro trois de la BNS s’exprimait lors de l’apéritif «Marché monétaire» organisé avec l’Association Cambiste International (ACI) Suisse.

La perspective d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) – même si elle ne s’est toujours pas matérialisée – couplée à l’anticipation de larges mesures de soutien à l’économie européenne par la Banque centrale européenne (BCE) ont provoqué une chute de l’euro face au dollar. D’où une «pression considérable» sur le taux plancher entre le franc et l’euro. «A la mi-janvier, il était devenu évident qu’il ne pouvait plus être maintenu», a expliqué la grande argentière, dont la nomination a été annoncée il y a un peu moins d’une année.

Pour éviter de devoir intervenir trop fortement, la BNS a ainsi décidé de retirer son taux plancher le 15 janvier, optant pour un taux encore plus négatif, à -0,75%, tout en continuant d’intervenir sur les marchés des changes. Ces «deux piliers» de la politique monétaire se «complètent et se renforcent mutuellement», a expliqué Andréa Maechler. Des outils qui se sont «avérés efficaces», selon la Genevoise. Alors que les taux négatifs ont permis de réduire l’attrait du franc pour les investisseurs, les rachats de devises au moment où la volatilité était à son comble ont pu freiner l’envolée de la monnaie suisse, a estimé la BNS.

Ainsi, «lorsque le gouvernement grec a annoncé cet été l’organisation d’un référendum sur le programme international d’aide, nous sommes intervenus sur le marché des changes», a expliqué Andréa Maechler, sans préciser les montants investis. De fait, après un bond lors du retrait du taux plancher, le franc s’est stabilisé autour de 1,10 pour un euro. Reste que la devise "reste largement surévaluée»: le cours du franc par rapport à un panier de monnaies des principaux partenaires commerciaux de la Suisse est supérieur d’environ 15% à sa moyenne de long terme. Fin 2014, cette surévaluation était de moins de 10%, a-t-elle décrit.

La BNS devra-t-elle faire davantage? La BCE pourrait décider de rallonger son soutien à l’économie tandis que la Fed a donné cette semaine encore des indices d’une hausse des taux le mois prochain. A cette question, l’économiste n’a donné aucune réponse.