Que font nos entreprises avec leurs billets de banque? Alors que la pandémie a confirmé l’avènement des moyens de paiement sans cash et sans contact, les sondages et les enquêtes se multiplient, pour essayer de savoir ce qu’il adviendra de l’argent liquide. Mais jusqu’ici, celles-ci se sont exclusivement concentrées sur les ménages.

Pour la première fois en Suisse, la Banque nationale suisse (BNS) a donc décidé de récolter des informations sur la manière dont les entreprises du pays utilisent ledit «numéraire». Selon elle, il s’agira même d’une première mondiale.

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«L’objectif de l’enquête est d’obtenir des entreprises des informations sur l’utilisation des moyens de paiement et d’identifier les changements possibles à un stade précoce», ajoute le porte-parole de la banque centrale. Le questionnaire en ligne, réalisé avec l’institut de sondage gfs.bern, débutera mi-mai et durera deux mois. Aucun secteur en particulier n’est privilégié. Les 2000 entreprises qui seront interrogées sont tirées au sort dans le registre fédéral, mais seront de toutes tailles et de toutes les régions linguistiques.

Au menu de ce sondage, des questions sur l’acceptation et l’utilisation, ensuite, des moyens de paiement en liquide. Mais aussi des précisions sur leur importance par rapport au total des fonds qui circulent au sein des entreprises. D’autres questions porteront sur l’argent liquide en tant que réserve de valeur, ainsi que sur la gestion de sa logistique.

Moins de cash en 2020

Du côté des ménages en particulier, la BNS a déjà réalisé elle-même deux enquêtes. En 2017, elle en concluait que le cash était, de loin, le moyen de paiement le plus utilisé, avec 70% des transactions (et 45% de la valeur totale). Les cartes de débit représentaient 22% et celles crédit 5%. Le reste des transactions était effectué via les applications de paiement, beaucoup moins répandues qu’aujourd’hui.

Elle a réalisé le même exercice en 2020. Les résultats ne sont pas encore connus mais l’on sait déjà que l’utilisation du cash a chuté. Durant cette année 1 de pandémie, les opérations aux automates à billets ont reculé de 23%, selon l’opérateur financier SIX.

Comme celle qui est lancée ces jours-ci, les précédentes enquêtes avaient un objectif principal, et trivial: anticiper la demande future, et donc les besoins en approvisionnement, pour les billets de banques et les pièces de monnaie.


Des billets par millions

Il y a actuellement quelque 513 millions de billets en francs suisses en circulation, selon les chiffres de la BNS. Les coupures de 100 francs sont les plus nombreuses, avec 140 millions d’unités. C’est trois fois plus que le nombre de billets de 1000 francs.

Dans sa documentation, la banque centrale indique également que depuis 2008 et la persistance des taux bas, l’utilisation du numéraire a à nouveau augmenté, surtout en tant que monnaie de réserve. Ainsi, en 2020, les billets en circulation pesaient l’équivalent de 12% du PIB, contre 6,7% en 2007. Il s’agissait alors d’un plus bas historique. L’apogée des billets avait, elle, eu lieu en 1945, lorsqu’ils représentaient un quart du PIB national.