Bobst termine une année menée tambour battant. Le groupe vaudois, leader mondial de la production de machines pour l'industrie d'emballage, a vu son chiffre d'affaires bondir de plus de 19% en 2000, à 1,54 milliard de francs. Cette performance bat les prévisions déjà élevées qui avaient été avancées par la société elle-même en décembre. Une série de facteurs explique cette vigueur de la marche des affaires. L'évolution des taux de change (3%), le changement du périmètre de consolidation (7,3%) et la croissance interne (9%) ont concouru à boucler une année exceptionnelle.

Les analystes s'inquiètent toutefois du ralentissement de la croissance organique auquel le groupe s'attend en 2001. Le directeur général, «Andreas Koopmann, ne s'en est pas caché, explique Patrick Huber, de Pictet & Cie. Le ralentissement de la croissance américaine devrait peser sur les affaires du groupe». Bobst a cette fois renoncé à attendre un quelconque signe de reprise au Japon et prévoit déjà une croissance décevante dans les pays émergents. Reste que sur les autres marchés, l'activité devrait rester intense. En conclusion, le groupe table sur une croissance organique en 2001 de 6 à 7%. De plus, aucune acquisition ne s'annonce à l'horizon, selon la compagnie interrogée lors d'une conférence téléphonique par les analystes. Bobst va s'attacher en 2001 à intégrer les trois sociétés rachetées en 2000, à savoir Fairfield (Grande-Bretagne) en janvier, BHS (Allemagne) en juin et Schiavi (Italie) en septembre.

C'est le rachat de BHS qui explique que Bobst a dû passer des coûts de restructuration extraordinaires pour 27 millions dans ses livres. Le résultat net avant cette écriture s'inscrit en nette hausse par rapport à 1999 indique Bobst, sans toutefois donner davantage de précisions. Les résultats détaillés seront publiés le 3 avril. Le conseil d'administration prévoit de verser aux actionnaires un dividende de 25 francs par action nominative et 50 francs par action au porteur. La mesure sera soumise à l'assemblée générale du 12 juin.

Eric Parisod, analyste à la Banque Cantonale Vaudoise cité par l'ATS, juge ces résultats excellents. Le groupe enregistre une bonne croissance dans le secteur de l'emballage, qui ne connaît d'habitude pas une telle progression. «Cela signifie que Bobst a encore gagné des parts de marché», souligne le spécialiste. Patrick Huber ne dit pas autre chose. Mais ce dernier s'inquiète de l'impact qu'auront ces très bonnes performances au moment de la publication de prochains résultats moins spectaculaires. A signaler que la restructuration prévue du capital ouvre à Bobst des perspectives en Bourse. Même si l'analyste de Pictet & Cie prévient qu'il ne faut s'attendre à une appréciation du titre qu'à court terme.

Rachat d'actions

Outre l'intégration des sociétés rachetées, 2001 sera pour Bobst l'année de la restructuration de son capital. Tout d'abord, la société dispose de fonds propres élevés et souhaite perpétuer sa réputation de «shareholder-friendly management», comme l'écrivait en novembre à son sujet un rapport de UBS Warburg. Le conseil d'administration va donc diminuer une partie de ses fonds propres par un rachat d'actions afin de contenter ses actionnaires. Environ 235 millions de francs seront consacrés à cette opération. La transaction sera terminée à fin mars. Ensuite, Bobst a l'intention d'introduire une action nominative unique. L'échange contre des actions de la nouvelle société holding sera accompagné d'une prime d'environ 90 millions de francs à l'intention des détenteurs d'anciens titres.