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Bobst prend des mesures pour encaisser le choc des devises

Après une bonne année 2014 et un bénéfice quasi doublé, le groupe vaudois élabore de nouvelles mesures de réduction des coûts

Bobst prend des mesures pour encaisser le choc des devises

Un bénéfice net quasiment doublé à 53 millions de francs contre 27,7 millions en 2013 et un dividende en hausse à 1,25 franc (contre 0,75 franc). Ce résultat acquis, mardi matin à Mex (VD) au siège de Bobst, analystes et journalistes avaient surtout une question à l’esprit: comment l’entreprise encaisse-t-elle l’abandon du taux plancher par la BNS? «Cela a changé drastiquement la situation, convient Jean-Pascal Bobst, patron du fabricant de machines pour la réalisation d’emballages; mais il ne faut pas céder à la panique.»

Pour Bobst, les impacts des mouvements sur les changes ont des conséquences jugées importantes. Un centime de plus ou de moins face à l’euro a un impact de 6,5 millions de francs sur le chiffre d’affaires et de 2 millions sur le résultat opérationnel avant intérêts et impôts (EBIT). Un centime de plus ou de moins face au dollar a un effet de 3 millions sur le chiffre d’affaires et de 2,4 millions sur l’EBIT.

L’effet dollar

Dès lors que le billet vert est aujourd’hui à la parité avec le franc, contre un cours de 0,92 franc inscrit dans les objectifs 2015 de l’entreprise, voilà donc une bouffée d’air bienvenue? Réponse d’Attilio Tissi, directeur financier de Bobst. «C’est positif pour le chiffre d’affaires et pour la profitabilité, mais ce qui était dans les carnets de commandes n’était pas couvert à ce niveau d’un dollar pour un franc. Pour ces commandes antérieures, les impacts financiers seront négatifs. Par contre, les nouvelles commandes en dollars à ce niveau de change auront un impact positif.»

La réserve qu’ajoute le directeur financier pour tempérer tout enthousiasme, c’est que la part des ventes en dollars représente 250 millions sur les 1,3 milliard de chiffre d’affaires du groupe Bobst (en recul de 4% en 2014), moins que la part en euros, de l’ordre de 600 millions.

Le marché sur lequel opère Bobst offre de bonnes perspectives, assure Jean-Pascal Bobst. Notamment en Europe et en Asie. Il faut donc affronter le défi du renchérissement du franc après l’abandon du taux plancher, dit-il. Le petit-fils du fondateur exclut des licenciements mais gèle les embauches et les augmentations de salaires prévues. Il n’envisage pas de délocalisations. Des discussions sont ouvertes avec la commission du personnel pour aboutir à une réduction générale des dépenses et du coût du travail horaire. «Cela prendra peut-être deux ans pour redresser cette situation. Nous voulons des solutions à long terme.»

Les mesures d’économies sur la durée, Bobst connaît. Depuis 2011, l’entreprise, qui emploie désormais 4841 collaborateurs dans le monde – 420 emplois ont été supprimés dans le canton de Vaud –, est parvenue, au travers de trois plans, à améliorer son résultat opérationnel de 163 millions de francs et à retrouver les chiffres noirs dès 2013.

«Les Suisses doiventse réveiller»

Aujourd’hui, le nouveau défi que se fixe Bobst est d’atteindre, malgré l’abandon du taux plancher, un chiffre d’affaires entre 1,15 et 1,23 milliard de francs, une marge opérationnelle supérieure à 5% (contre 8% avant l’abandon du taux plancher) et une marge nette supérieure à 3%. Des perspectives élaborées sur la base d’un euro à 1,05 franc et d’un dollar à 0,92 centime.

«Il faut que les Suisses se réveillent. J’ai l’impression que beaucoup de concitoyens ne se rendent pas compte de l’ampleur du problème. Pour rester compétitifs, il faut trouver des solutions», a encore lancé le patron de Bobst, préoccupé par ce qu’il juge être une forme de déni de la situation.

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