Bombardier, en situation financière délicate

Rien ne va plus pour Bombardier. Le développement du CSeries, qui mobilise des capitaux toujours plus importants, a connu de nombreux ratés, comme l’explosion d’un moteur lors d’un vol d’essai en 2014. Conséquence: deux ans de retard sur les livraisons, avec un dépassement de plus de 50% (quelque 2 milliards de dollars) sur le budget initial d’environ 3,5 milliards annoncé en 2008. Bombardier a été contraint de se restructurer. Il en est même à sa quatrième vague de licenciements en dix-huit mois, biffant jusqu’ici 3500 emplois sur 34 000 postes aéronautiques.

Pourquoi la mise en service du CSeries a-t-elle été reportée de vingt-quatre mois? La mise au point de l’appareil s’est révélée plus complexe que prévu. En raison notamment de sous-traitants en cascade (ailes irlandaises, fuselage chinois, empennage italien, etc.). Mais aussi parce que cet avion est le premier monocouloir, signé Bombardier, destiné à une desserte régionale.

Face à ses déboires aéronautiques, le groupe québécois peine à trouver de l’argent frais. Au point de décider de mettre en bourse, d’ici la fin de cette année, une part minoritaire de sa branche ferroviaire, qui pèse environ la moitié de son chiffre d’affaires annuel, le solde étant généré par la vente d’avions.

Seuil de rentabilité rehaussé

Pour l’heure, Bombardier affiche 243 commandes fermes (360 intentions d’achat et options) pour son CSeries. Une paille, au regard des ventes mirobolantes engrangées, cette semaine à Paris, par Boeing et Airbus. Le chemin vers l’équilibre financier s’annonce long, car le seuil de rentabilité du CSeries serait passé de 300 unités écoulées à 800.

Pour couronner le tout, Qatar Airways a dernièrement, de guerre lasse, renoncé à ses commandes. Cette semaine, au Salon du Bourget, Bombardier s’est même vu proposer publiquement une aide par les autorités canadiennes.