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A Boncourt, les cigarettes se célèbrent avec nostalgie

A Boncourt, les cigarettes se célèbrent avec nostalgie

Tabac BAT est déçu par la nouvelle loi

British American Tobacco a fait coup double. Vendredi, à Boncourt (JU), le cigarettier britannique avait invité politiciens, notables, anciens employés, membres de la famille fondatrice et représentants de la presse pour deux célébrations en une. Il s’agissait d’abord de fêter le bicentenaire de la présence de l’industrie du tabac dans la commune ajoulote. Mais aussi d’inaugurer la «Parisienne factory», l’usine dédiée à la marque du groupe la plus vendue en Suisse.

«Histoire d’amour». «Aventure». «Religion». «Familles». «Rentrées fiscales». Les orateurs qui se sont succédé ont usé d’un vocabulaire qui marque, pour illustrer à quel point la région est imprégnée par cette industrie. Tous ont rappelé une partie de l’histoire, qui débute en 1814, lorsque Napoléon décide de nationaliser la culture et la vente de tabac en France. Martin Burrus fuit l’Alsace et s’établit juste derrière la frontière, à Boncourt. Agriculteur, il vend d’abord des rouleaux de tabac fabriqués à la main. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle arrivent les machines, puis est créée la marque Parisienne. La reprise par Rothmans, puis la fusion avec BAT n’interviendront qu’à la fin d’un XXe siècle marqué par la succession de trois Burrus à la mairie de Boncourt.

Aujourd’hui, sur les 460 employés que compte BAT en Suisse, ils sont environ 300 sur le site jurassien. Ils étaient 500, en 2008. L’avenir? Il est incertain. Le marché décline de manière structurelle – 3 à 4% par an dans les marchés matures. Mais chez BAT, on compte sur la nouvelle usine. Qui n’en est pas vraiment une. «Il s’agit d’une transformation de notre outil de travail», a expliqué le directeur du site, Nicolas Wallimann. La halle est mieux organisée, plus efficace et plus à même d’en faire sortir des produits de qualité, selon lui.

10 milliards d’unités en 2014

Globalement, BAT Boncourt devrait rouler 10 milliards de cigarettes cette année, prévoit Nicolas Wallimann. La moitié sera de la marque haut de gamme Dunhill, presque exclusivement exportée, surtout au Moyen-Orient. L’autre moitié sera des Parisienne, des Kent ou des Pall Mall, elle, écoulée en Suisse. BAT revendique 40% des parts du marché national, devant Philipp Morris et ses Marlboro.

Un marché national dont les règles vont bientôt changer. Au sujet de la nouvelle loi suisse sur le tabac, présentée et mise en consultation mercredi par le Conseil fédéral, BAT déplore que les conclusions de Berne concernant les nouvelles restrictions sur la publicité ne se soient pas davantage «équilibrées» et «prouvées scientifiquement». «Notre autorégulation n’a pas du tout été prise en compte, illustre Christophe Berdat, le porte-parole de BAT en Suisse. Si nous faisons de la publicité dans la presse, par exemple, nous nous imposons des médias dont nous savons qu’ils sont très majoritairement lus par des adultes.»

BAT est aussi déçu par le cadre prévu pour la cigarette électronique, un créneau dans lequel il s’est lancé. «On manque de précisions sur les exigences de qualité des produits et des e-liquides, note Jean-Marc Levy, responsable marketing pour l’ensemble du groupe. Nous nous attendions à une législation plus spécifique.»

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