* Head of Sales, Investment Solutions for Private Banks; HSBC Bank plc, Paris branch

Les gestionnaires de fortune ont dû s’aguerrir dans la gestion du couple risque/rendement dans des marchés volatils et incertains. Ils ont à leur disposition une grande palette de structures différentes ainsi que de nombreuses possibilités de protection en capital. La grande diversité des types de barrières comme les discrètes, les window, les deep barrières avec parfois des protections de l’ordre de 70% par rapport au niveau initial, mais aussi les strike lookbacks pour se positionner en bénéficiant des corrections de marché, ou encore les structures de type cliquet, ont été très largement utilisés par les investisseurs.

Ni la raréfaction des émetteurs de qualité, ni l’intensification de la régulation n’ont sonné le glas pour ceux qui ont utilisé les produits structurés comme de véritables outils de génération de performance dans leurs portefeuilles. Ces dernières années ont apporté des leçons salutaires. Ainsi, bien que la recherche du rendement reste le critère essentiel des gestionnaires de fortune, leurs investissements étaient dans l’ensemble mieux préparés à affronter une fin d’année 2011 délicate sur les principaux marchés actions. Mieux armés contre de fortes corrections et une grande volatilité de la volatilité, les investisseurs ont également porté une attention particulière au comportement et à la liquidité de leurs produits structurés sur le marché secondaire. La gestion dynamique s’est ainsi révélée génératrice de performance mais aussi protectrice dans des marchés incertains.

Le premier trimestre tonitruant des marchés, la capacité des opérateurs à amplifier les bonnes nouvelles macroéconomiques tout en occultant les moins bonnes, phénomène inverse à celui observé à l’automne dernier, ont rassuré sans convaincre. Preuve en est la correction qui s’en est suivie. Cependant, la gestion dynamique des produits structurés dans un tel environnement prend à nouveau tout son sens.

Les investisseurs ont persévéré dans une approche proactive afin de dynamiser leurs positions et ce quelle que soit la performance: prendre un profit rapidement et repositionner son investissement sur des niveaux de marché plus attractifs, substituer tout ou partie de sa position d’un panier vers un autre, ajouter une protection en capital sur un produit qui n’en disposait pas à l’origine, modifier la maturité d’un produit pour bénéficier de niveaux de rémunération plus attractifs ou même substituer le risque émetteur.

C’est ainsi qu’un suivi continu et rigoureux des positions en produits structurés a permis aux investisseurs de conserver des performances relatives meilleures que dans le cas d’une gestion passive. Anticiper un franchissement de barrière, veiller à la qualité et à la consistance de l’émetteur, s’assurer de pouvoir disposer d’une liquidité dans des marchés chahutés, toutes ces précautions se sont révélées être décisives dans la gestion au cours des crises bancaires et des dettes souveraines. Et cela restera vrai une fois ces crises surmontées.

Aujourd’hui, le large choix de stratégies de gestion qu’offrent les produits structurés permet aux investisseurs de les utiliser de manière ciblée et efficace: qu’il s’agisse de concurrencer les outils traditionnels de gestion de liquidités en optant pour des maturités mensuelles renouvelables, de se positionner sur les grands indices des pays émergents en achetant des stratégies longues sur des ETFs en réplication physique, ou d’élaborer des arbitrages sectoriels long/short ou encore sur dividendes, cette année offre de nombreuses opportunités aux investisseurs avertis et soucieux de générer de la performance basée sur une gestion dynamique. Dès l’automne 2011, certains gérants discrétionnaires qui avaient misé à juste titre sur des écarts de performance entre les indices actions des pays de la zone euro ont réalisé des performances importantes. Ils se sont repositionnés dès le début du deuxième trimestre sur des arbitrages sectoriels tirant profit de la nouvelle configuration de marché et des révisions de croissance.

Si les crises récentes ont au moins eu une vertu, la dernière aura été d’accélérer les mutations et les changements majeurs de l’industrie des produits structurés. Nous assistons à une rationalisation des traditionnels canaux de distribution avec l’apparition de plateformes, ainsi que la standardisation et la concentration des structures traitées. Mais c’est bien là l’un des challenges de cette industrie: les investisseurs réclament aujourd’hui davantage d’attention de leurs banquiers à qui ils demandent de se positionner autant comme des générateurs d’idées que comme de véritables techniciens capables de leur apporter un suivi pertinent et précis de toutes les opportunités que les marchés offrent quant à leurs positions existantes ou futures. La gestion dynamique des produits structurés a ainsi de beaux jours devant elle.

Substituer tout ou partie de sa position d’un panier vers un autre, ajouter une protection en capital