Appelé à rendre compte des premiers pas du LO Invest – The Financial Growth Fund de Lombard Odier & Cie –, lancé le 21 septembre dernier, Jean-Marc Bianchi, un des gérants, a mis en avant «l'environnement volatil» ayant accompagné la naissance de ce fonds sectoriel investi dans les valeurs financières. Sujet au soubresaut des marchés, le fonds, basé au Luxembourg, enregistre un recul d'environ 1% dans sa monnaie de référence: l'euro. Une performance à peu de choses près identique sur la même période, soit du 21 septembre au 31 janvier, à celle de son indice de référence, le Morgan Stanley Capital International World Financial.

L'occasion s'avérait surtout propice à rappeler la stratégie appliquée à ce véhicule de placement. Ayant identifié la collecte et la gestion de l'épargne (asset gathering) comme les principaux vecteurs de croissance dans le secteur financier, les gérants se sont appliqués à concentrer leur force dans les banques de gestion, les assurances-vie et les banques d'affaires. Le produit réalisé durant les dernières décennies (1979-1999) par les sociétés actives dans la gestion de fortune et les banques d'affaires, 15 et 16% par rapport aux banques universelles (7,9%), explique ce choix.

Parallèlement à la détermination de ces segments, l'équipe de gérants de Lombard Odier, en étroite collaboration avec le Conseil consultatif (trois spécialistes financiers), a procédé à l'analyse des tendances supposées du secteur pour les années à venir: la globalisation, la désintermédiation, le vieillissement de la population et la création de richesse ainsi se profilent.

Portefeuille équilibré

Ces tendances dictent la composition d'un portefeuille équilibré entre ce que les gérants définissent comme des consolidateurs (51,7%) à l'image de Credit Suisse Group ou HSBC (grands groupes) et des sociétés définies comme spécialistes (43%) comme BlackRock (services financiers) ou Charles Schwab (courtiers), le solde étant pour l'heure composé de liquidités (5,3%). Sur les 30 à 40 titres en portefeuille au 31 janvier, on retrouve comme principales positions JP Morgan Chase (6%), Deutsche Bank (5,8%) ou Citigroup (5,1%). Les actifs sous gestion étaient évalués à 178,4 millions d'euros (273,8 millions de francs). Au niveau monétaire, les investissements se répartissent entre la monnaie du fonds (34,5% en euros), le dollar américain (38,6%), la livre sterling (en 13,8%) et le franc suisse (8,4%).

Les investissements en dollars s'avèrent sous-pondérés par rapport à l'indice de référence. Un choix qui est motivé par «l'avis négatif» des gestionnaires sur la monnaie américaine et l'existence d'opportunités jugées prometteuses parmi les valeurs financières européennes (Ergo Versicherungsgruppe, Deutsche Bank, Prudential ou Amvescap). Il est à noter que les investissements réalisés dans des devises autres que la monnaie de référence (euro), soit 65,5% des actifs, ne sont pas couverts. Une optique défendue par le gérant Jean-Marc Bianchi qui estime qu'«à long terme une quelconque couverture monétaire augmenterait le facteur de corrélation entre les titres, annihilant au passage le bénéfice d'une diversification géographique». Une répartition géographique qui fait en l'occurrence la part belle aux valeurs du Vieux Continent (58,4%) par rapport à l'Amérique (38,6%) et à une Asie (3%) considérée pour le moment comme trop malade.

Climat difficile

Ayant commencé son parcours dans un climat difficile (recul de valeurs technologiques et présidentielle américaine indécise), le fonds doit maintenant affronter le ralentissement de l'économie américaine. La baisse des taux d'intérêt décidée en janvier par la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait permettre aux valeurs financières de performer au cours des prochains mois. Analysant l'évolution outre-Atlantique, les gérants pronostiquent un ralentissement temporaire (soft-landing) de l'économie américaine. Un scénario impliquant des prises de positions (opportunités d'achats) dans les banques d'affaires américaines au vu d'un marché fort volatil.