L'action Psion, en baisse depuis dix mois, a encore chuté de 25% à l'annonce d'une perte de 20 millions de francs sur un chiffre d'affaires de 520 millions (1999: 360 millions). Si Psion a vendu 530 000 ordinateurs de poche en 2000 (+65%), il a surtout aligné les mauvaises nouvelles jeudi. L'abandon par Motorola d'un projet commun de téléphones de troisième génération a conduit Psion à renoncer lui aussi. Du coup, ses effectifs dans ce secteur sont réduits de 20%. Plus ennuyeux, le président du conseil d'administration, David Potter, admet que l'apparition d'appareils sous licence Symbian, société dont Psion est actionnaire principal, est retardée par les incertitudes pesant sur l'avenir de la téléphonie mobile.

Or, l'enjeu Symbian est essentiel. La santé de cette société dépend des royalties versées sur le système d'exploitation Epoc créé par Psion. Très stable et performant, c'est un des favoris pour conquérir le marché de l'Internet mobile, que l'analyste américain IDC voit quintupler à 40 milliards de francs d'ici à 2004.

Concurrence féroce

Mais plus Symbian tarde à matérialiser ses promesses, plus le terrain sera occupé par les concurrents Palm ou Pocket PC (Microsoft). Ce grignotage a commencé: Psion a perdu la moitié de sa part de marché européen, sans réussir à prendre pied outre-Atlantique.

La survie de Psion ne paraît pas menacée dans la mesure où le groupe a racheté Teklogik, qui rencontre du succès avec sa solution intégrée de réseaux locaux et terminaux sans fil pour entreprises (Volkswagen vient de la choisir). Mais le consommateur lambda se demande s'il existera encore des ordinateurs de poche Psion dans un ou deux ans. «Absolument! répond Peter Bancroft, porte-parole du groupe. Nous mettrons sur le marché un organisateur équipé de la technologie Bluetooth au second semestre de cette année.» Il confirme néanmoins que la nouvelle stratégie de Psion vise d'abord les entreprises, en gardant un marché de niche grand public. «Nous ne sommes pas un «me too» (moi aussi) producer, dit Peter Bancroft. Aux produits de masse, nous préférons ceux qui apportent un vrai bénéfice au consommateur et une marge suffisante.»

Parmi les nombreuses rumeurs circulant ces dernières semaines, revenait celle d'un rachat de la division Psion computers (aujourd'hui restructurée en Psion Digital) par Palm, qui affiche une excellente santé mais dont le système d'exploitation peine à digérer les nouvelles tâches qu'on lui confie.