Le groupe Raiffeisen, fort de 470 banques indépendantes, a annoncé jeudi à Lausanne un résultat record pour 2003. Son bénéfice net atteint 453 millions de francs, en hausse de 5,6% (contre 429 millions en 2002), le plus haut de ces cinq dernières années. Les fonds de la clientèle se sont accrus de 9,2% (ou 6,2 milliards) pour atteindre 75 milliards. De plus, le volume des dépôts a augmenté de 12% (ou 2,4 milliards). Une grande partie de cette hausse est due aux bonnes performances boursières. Les clients ont repris confiance dans l'épargne-titres. Cette tendance a été fortement marquée au quatrième trimestre de l'année dernière. A fin 2003, la somme du bilan du groupe a dépassé les 100 milliards, en croissance de 10,2%. «Ces bons résultats nous confortent dans notre 3e place sur le marché bancaire suisse», revendique René Bentele, membre de la direction de Raiffeisen. Cette confiance accordée par les clients a même permis à la banque de s'offrir le luxe d'engager 252 employés, portant ainsi leur nombre à 6058.

Ces bonnes nouvelles sont dues principalement au formidable bond du marché hypothécaire. Les créances du groupe Raiffeisen ont enregistré une hausse de 8,1% (ou 5,6 milliards) pour atteindre 74,2 milliards. La direction est très satisfaite de cette évolution dans la mesure où le marché suisse des hypothèques n'a crû que de 5,6% en un an. La Suisse romande s'est mieux comportée que les cantons alémaniques car ses créances hypothécaires ont progressé de plus de 10%. Bondissant même de 13% et de 18% pour les cantons de Vaud et de Genève, respectivement.

Cette activité représente plus de 70% du total de leur bilan. «Raiffeisen est très fort dans le domaine hypothécaire, explique Roland Bron, directeur de VZ VermögensZentrum à Lausanne. En pratiquant un plus grand nombre d'hypothèques à taux variables qu'à taux fixes, leurs marges se révèlent plus élevées». Mais le groupe Raiffeisen n'a pas l'intention de se reposer sur ses lauriers. «Ayant une forte position sur le marché national de la banque de détail, nous voulons nous renforcer sur le marché hypothécaire en particulier», avance René Bentele. Le groupe détient déjà 13% de parts de marché. Toutefois, des cantons comme Vaud, Genève et le Jura entre autres (voir carte) offrent des possibilités de développement intéressantes. En effet, les parts de marché dans ces régions sont inférieures à 10%. L'objectif de Raiffeisen est de se situer entre 15 et 20% des parts de marché au niveau national à moyen terme. Pour atteindre cet objectif, le groupe ne se dit pas prêt à tout. Il souhaite garder une politique prudente en matière de crédits et de contrôle et se refuse à entrer dans une guerre des prix.

Perte de volume en cas de «oui»

Le risque pour la banque proviendrait de la votation du 16 mai sur le paquet fiscal (LT du 30.03.04 et du 20.03.04). «En cas de «oui», Raiffeisen risque de perdre du volume d'affaires, remarque Roland Bron. Les clients rembourseraient plus rapidement leur hypothèque en prélevant l'argent de leur épargne. Ce qui pénaliserait doublement les instituts bancaires». Le montant ainsi perdu peut difficilement être estimé. Malgré de bons résultats 2003, l'année 2004 pourrait donc être quelque peu affaiblie par cette incertitude.