Les bons résultats trimestriels communiqués jeudi par l'UBS permettent au groupe bancaire d'envisager l'avenir avec un optimisme prudent. Et d'afficher pour l'ensemble de l'exercice 2000 un bénéfice net annuel record de 7,792 milliards de francs, en hausse de 27% par rapport à 1999. Un résultat qui rassure le marché: l'action UBS a en effet rebondi jeudi de 1,5% à 265 francs, après avoir chuté de 4,6% la veille. Corrigé des facteurs financiers exceptionnels – liés à l'acquisition de la banque américaine PaineWebber à l'automne 2000 – mais avant l'amortissement de la survaleur (goodwill) relative à cette acquisition, le bénéfice net s'élève même à 8,132 milliards de francs, en hausse de 74%. Ce qui améliore le rendement des fonds propres à 24,3% (contre 18,2% à fin 1999). La principale déception tient toutefois au handicap majeur de la grande banque depuis sa fusion avec la SBS: le reflux des fonds de la clientèle dans la gestion de fortune privée et institutionnelle. Si les actifs gérés par le groupe ont augmenté de 723 milliards de francs ou de 41% à 2469 milliards de francs au cours du dernier trimestre 2000, cette progression s'explique exclusivement par l'acquisition de PaineWebber (tableau ci-contre). «PaineWebber constitue maintenant la plus grande chance à saisir pour UBS, de manière à tirer profit du savoir-faire de la banque américaine en matière de marketing et d'innovation. Pour créer un établissement de gestion de fortune leader au plan mondial» explique un Marcel Ospel plus fringant que jamais lors de la présentation de ces résultats devant la presse réunie jeudi à Zurich.

Charges d'exploitation alourdies de 12%

Au cours du dernier trimestre 2000, UBS Warburg, l'unité banque d'affaires du groupe UBS a encore renforcé sa contribution au bénéfice du groupe à 44,5% du total de celui-ci. Le bénéfice avant impôts de l'unité (qui comprend maintenant PaineWebber) a en effet plus que doublé à 590 millions de francs (248 millions au quatrième trimestre 99). Pour l'ensemble de l'année, UBS Warburg a donc plus que doublé son bénéfice avant impôts à 4,25 milliards de francs (1,9 milliard en 1999), malgré 298 millions de charges (amortissements et coûts de refinancement) liées au goodwill de PaineWebber.

L'unité Clientèle privée et Entreprises, soit la banque grand public de UBS (qui réunie au Private Banking forme l'Unité Suisse du groupe) affiche elle aussi une belle performance au quatrième trimestre. Sur l'ensemble de l'année, son bénéfice avant impôts atteint près de 2 milliards (1,993) de francs, affichant ainsi une hausse de plus de 56% par rapport à 1999. Quant à l'unité Private Banking, centrée sur la gestion de fortune privée, celle-ci a vu son bénéfice trimestriel progresser de plus de 21% à 815 millions de francs par rapport au quatrième trimestre 99, tout en enregistrant un recul de 8% par rapport au trimestre précédent. C'est que les charges d'exploitation se sont alourdies de 12%. Pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice avant impôts dans le Private Banking s'élève à 3,682 milliards de francs, ce qui correspond à une progression de 25%. Un résultat à mettre sur le compte notamment d'un environnement favorable du marché au premier semestre. Là où le bât blesse cependant dans le Private Banking, c'est au niveau de l'afflux d'argent frais. Si les actifs gérés ont augmenté de 10 milliards de francs par rapport à fin 99, ils ont baissé de 700 millions de francs au cours du dernier trimestre. George Gagnebin, le responsable du Private Banking, mise donc de plus en plus sur une architecture ouverte pour les produits de la concurrence et leur distribution. Un concept que PaineWebber applique avec succès depuis des années aux Etats-Unis.

Réorganisation annoncée

Mais l'afflux d'argent frais est encore plus problématique au sein de l'unité de gestion institutionnelle de UBS Asset Management, dont les actifs gérés ont diminué de 14% à 496 milliards de francs en 2000, essentiellement en raison de la défection de clients en début d'année. Même si le recul de 32 milliards de francs au quatrième trimestre s'explique avant tout par la dépréciation du dollar et au fléchissement des marchés boursiers.

Enfin, Marcel Ospel a annoncé une réorganisation de UBS Capital, unité centrée sur le Private Equity (actions non cotées en Bourse) et dirigée par Pierre de Weck. La nouvelle société sera détenue à hauteur de 80% par le management d'UBS Capital et pour 20% par UBS. Cette dernière reste toutefois propriétaire du portefeuille d'investissement.