L’Association suisse des employés de banque ASEB a pris note avec «consternation» des réductions d’emplois supplémentaires annoncés. Les 2500 suppressions de postes en Suisse s’ajoutent aux 600 à 800 annoncées en février. «C’est semble-t- il inévitable pour assurer l’avenir de la banque, et .... sauver la mise de la Confédération», dit le communiqué de l’ASEB, qui juge la mesure «très dure, mais accompagnée d’un programme qui devrait en atténuer la rigueur». Toute la procédure sera suivie par les partenaires sociaux.

L’ASEB «salue» les mesures d’encouragement à la réduction volontaire du temps de travail et «suivra attentivement» le développement des mesures prises et du coaching prévu par le plan social.

Sur le plan politique, le parti libéral-radical qualifie les restructurations d’«extrêmement douloureuses» et ajoute que «l’héritage des années Ospel devient de plus en plus insupportable». L’UBS a besoin d’«un véritable changement de culture».

«Aujourd’hui ce sont les employés qui ont fait un travail remarquable et, avec eux, c’est toute la Suisse qui paie un lourd tribut aux graves erreurs de stratégie des années de l’arrogance et du profit à tout prix», déclare Fulvio Pelli, président du PLR.

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) juge lui aussi «très douloureuse» l’annonce de l’UBS au niveau humain et social, mais «inévitable» sur le plan économique et pour l’avenir de la banque. A long terme, l’important reste la viabilité de l’UBS pour l’économie helvétique.

«Ce n’est pas une surprise, mais c’est très douloureux», a réagi Dominique de Buman, vice-président du PDC, interrogé par l’ATS. «L’impact social et humain est très lourd», souligne-t-il. Il craint en plus que cela ne soit pas la dernière décision de ce genre prise par l’UBS.

Le parti socialiste «condamne fermement» la «vague considérable» de suppressions d’emplois. Il estime que c’est «incontestablement dû à la gestion à court terme de l’ère Ospel». Le parti de gauche exige de l’UBS de «tout mettre en oeuvre pour accompagner socialement ces milliers de supressions d’emplois».

Le PS pointe de nouveau du doigt les bonus: «Plutôt que d’investir dans les bonus destinés à ses cadres supérieurs, la banque doit participer à la formation et à la formation continue de ses employés afin de leur ouvrir des perspectives». Le parti regrette que la «subvention fédérale d’environ 50 milliards de francs n’ait pas pu empêcher un dégraissage massif.»

Doris Leuthard contre les bonus

Doris Leuthard a elle aussi critiqué le versement de bonus aux collaborateurs de l’UBS, après l’annonce d’une perte de 2 milliards de francs. Le thème sera abordé lors de la prochaine rencontre entre la direction de la banque et Hans-Rudolf Merz, assure la ministre de l’économie.

La conseillère fédérale exige de l’UBS qu’elle revoie une nouvelle fois sa copie avant de verser des bonus à ses employés pour un montant d’environ 4 milliards de francs. «J’attends que tout le monde se serre davantage la ceinture, sans exception», a déclaré mercredi l’Argovienne sur les ondes de la radio alémanique DRS. «Une interdiction des bonus doit être discutée», estime Doris Leuthard. La cheffe du Département de l’économie propose de discuter du gel ou de l’ajournement des bonus.

La conseillère fédérale a par ailleurs déclaré sur la RSR qu’elle n’est pas étonnée par l’annonce de la suppression de 2500 postes en Suisse. «Ce n’est pas une surprise pour nous, je comprends qu’il faut diminuer les coûts». La ministre de l’économie demande toutefois que tout soit fait pour éviter au maximum les licenciements.