Les employés des grandes banques d'affaires américaines recevront des bonus de fin d'année plus élevés de 30% en moyenne que les niveaux déjà record de l'an dernier. Selon l'agence Bloomberg, qui a compilé différentes données bancaires, ce ne sont pas moins de 36 milliards de dollars (45,1 milliards de francs) qui seront alloués ces prochaines semaines. Cela donne une moyenne supérieure à 200000 dollars (250000 francs) à chacun des 173000 employés de Goldman Sachs, Morgan Stanley Merrill Lynch et Lehman Brothers, les quatre géants de Wall Street. Ces montants devraient atteindre plusieurs dizaines de millions pour les plus chanceux.

Davantage qu'en 2005

Le montant total dépasse de plus du double ce que l'ensemble des courtiers, gérants et banquiers d'affaires installés à Londres devraient toucher à la fin de l'année, à savoir 8,8 milliards de livres (20,9 milliards de francs).

Cette augmentation massive des bonus s'explique par la progression soutenue des résultats des quatre principales banques d'affaires américaines. Les cinq principaux établissements (y compris Bear Sterns) ont dépassé, après neuf mois, le niveau cumulé de bénéfices atteint durant toute l'année 2005: 21,3 milliards de dollars de janvier à septembre 2006 contre 20,4 milliards l'an dernier. Selon la société d'informations financières Thomson Financial, elles devraient totaliser un chiffre d'affaires de 128 milliards de dollars cette année.

Par principe, les grandes banques d'affaires consacrent 40 à 50% de leurs revenus au paiement des salaires, bonus compris. Des établissements plus petits, comme Lazard Frères, leur accordent même des parts plus élevées. «Vous devez payer ce qu'il faut pour attirer les meilleurs talents, à défaut de quoi ils iront voir ailleurs», a récemment déclaré Sandy Weill, l'ancien président de Citigroup, la plus grande banque universelle américaine.

Ce besoin absolu d'être plus compétitif que le voisin se reflète sur le mode d'attribution des bonus. Les plus chanceux sont évidemment les personnes placées aux centres stratégiques de la création de valeur pour la banque. Les courtiers actifs sur les comptes nostro des banques (négociant les fonds propres de la banque et pas l'argent des clients) sont assis en première ligne et devraient toucher des bonus dépassant les 40 millions de dollars (50 millions de francs) chez Goldman Sachs. Chez UBS, les cadeaux les plus élevés seront accordés aux spécialistes des fusions-acquisitions.

Les montants varieront aussi selon les banques. La plus généreuse sera sans doute Goldman Sachs, dont le bonus moyen devrait approcher 400000 dollars (501700 francs). En revanche, les maisons de taille plus modeste, même celles qui sont actives dans la banque d'affaires, se montreront moins généreuses, faute de revenus à la hauteur.