revue de presse

Bonus: il y a encore beaucoup à faire

Les ministres de Finances du G20, réunis ce week-end à Londres, se sont entendus sur une forme d’encadrement des bonus et le maintien, pour le moment, des plans de relance. L’accord ne fâche personne: il fallait un compromis avant Pittsburgh

Au cours de la réunion préparatoire du sommet de Pittsburgh, relèvent Les Echos, il a «été demandé davantage de transparence aux établissements bancaires «sur le niveau et la structure des rémunérations» des banquiers les mieux payés, les traders étant particulièrement visés. Leurs bonus devront être étalés sur plusieurs années, et si leurs positions sur les marchés entraînent des pertes dans le temps, leurs émoluments pourraient se transformer en malus.» Mais «l’idée française de leur plafonnement est très loin d’être adoptée»: d’ailleurs, le même journal écrivait vendredi qu’il était «encore un peu tôt pour pavoiser».

Oui, «la partie est loin d’être gagnée, fait remarquer La Tribune, alors que les Américains et les Britanniques s’opposent fermement à tout plafonnement des bonus. La question devrait à nouveau être à l’ordre du jour à Pittsburgh et fera l’objet de négociations serrées, alors que les Etats-Unis mettent en avant qu’ils ont déjà légiféré sur la question.»

Pour Libération, «si les Français, qui avaient décrété un haro sur les bonus ne sont pas parvenus à obtenir leur plafonnement, ils ont toutefois obtenu que cette question ne soit pas totalement abandonnée, mais réexaminée» à Pittsburgh les 24 et 25 septembre.»

Les obstacles sont donc encore nombreux avant une entente internationale, et le Wall Street Journal dresse la liste des questions restant en suspens. Pourtant, il semblerait que dans un premier temps tout le monde soit satisfait, selon le journal marocain Le Matin, «la France car elle met le sujet à l’étude, les Anglo-Saxons parce qu’elle ne fixe aucune date» sur la limitation. Mais ce n’est qu’un compromis, prévient le Financial Times Deutschland.

Et bien que la réunion ait été dominée par cette question des bonus, c’est plutôt la décision de maintenir les plans de relance qui est importante pour l’avenir, selon le Daily Telegraph. «Parfaite unité dans le diagnostic», analyse Challenges.fr, hébergé par Le Nouvel Observateur: «Il faut soigneusement se préparer à retirer un jour les mesures de relance mises en place, d’un montant évalué par le groupe à 5000 milliards de dollars, mais le temps n’est certainement pas venu de le faire.» Les ministres ont promis de continuer à mettre en œuvre ces mesures de soutien financier d’urgence jusqu’à ce que la reprise se soit stabilisée.

«Il y a encore beaucoup à faire», renchérit le NRC Handelsblad, des Pays-Bas, traduit par le site Eurotopics: «Il est évident qu’une entente internationale sur la question des bonus créera des conditions identiques [pour tous], de sorte qu’il n’y aura plus à s’inquiéter de la délocalisation des activités dans d’autres pays où les règles sur les bonus sont plus souples. Un résultat contraignant demande cependant du temps. L’élan peut ainsi faiblir. Un secteur financier qui se rétablit et prend confiance en lui a alors plus de possibilités d’influencer ce processus. La pression sur le dossier des bonus peut avoir pour conséquence que la recherche d’un consensus international rapide conduise à une réglementation minimale. Et cela serait un précédent défavorable pour d’autres mesures destinées à empêcher une répétition de la crise.»

«La France et l’Allemagne, écrit enfin l’Independent, aussi relayé par Eurotopics, ont raison de dire qu’il faut renoncer de manière fondamentale au modèle imprudent d’une haute finance faiblement régulée, qui a tant contribué à générer la crise. Etant donné que les flux de capitaux et les employés de banque sont mondiaux, une coordination mondiale est ainsi nécessaire pour y parvenir.»

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