En 2005, onze entreprises sont entrées à la Bourse suisse et ont réussi à lever près de 3,4 milliards de francs, soit 40% du volume d'émission total. Le mouvement devrait se poursuivre, puisqu'une dizaine de nouveaux candidats devraient se lancer dans une IPO (Initial Public Offering) cette année selon l'avis des spécialistes.

«L'environnement est actuellement très attractif pour une entrée en Bourse», indique Martin Kesselring, responsable de l'Investment Banking à UBS Suisse. «L'effet boule de neige va se poursuivre en 2006. Les entrées réussies à la Bourse influencent positivement le comportement des investisseurs qui sont nombreux et ont beaucoup de liquidités», poursuit-il.

Pourtant l'entrée à la Bourse n'a pas fait que des heureux gagnants. Si ADB a réussi à s'apprécier de près de 100%, la banque privée EFG se traite sous son prix d'émission d'octobre. Esmertec, Mobimo, et Duffry ont gagné quant à eux de moins de 10%.

Pour Thomas von Planta, directeur de service Corporate Finance de la banque Vontobel, «le pipeline des entreprises susceptibles d'être cotées est plus prometteur en ce début d'année qu'à la même période un an auparavant». Les transactions sur le marché des capitaux suisse «pourraient se situer entre 0,5 et 1 milliard de francs en 2006, en excluant l'IPO de Winterthur Gruppe», la filiale assurance de Credit Suisse, précise Thomas von Planta. Des experts tablent sur une capitalisation de ce poids lourd comprise entre 9 et 11 milliards de francs. Les conditions techniques d'une entrée à la Bourse de Winterthur pourraient être remplies cet été et peser fortement sur le montant des capitaux levés en 2006, «qui devrait en tout cas atteindre les 3,4 milliards de 2005», complète Claudio Steffenoni, directeur du Corporate Finance chez KPMG.

Influence positive des taux

L'augmentation des taux d'intérêt devrait favoriser l'entrée à la Bourse des entreprises. «Les entreprises de capital-risque ainsi que les acheteurs industriels devront payer plus cher leur investissement dans des entreprises à travers du capital étranger», explique Claudio Steffenoni. «Si ces deux catégories d'acteurs ne veulent plus acheter, les prix des entreprises vont baisser. Ou les vendeurs vont essayer de trouver d'autres portes de sortie, comme une entrée à la Bourse.»

Large éventail de candidats

«La Suisse est très bien positionnée en comparaison internationale pour l'entrée à la Bourse des entreprises biotechnologiques, pharmaceutiques et financières», indique Philippe Hofstetter, responsable du Corporate Finance chez PriceWaterhouseCoopers. C'est le profil de l'entreprise genevoise Addex qui développe des produits contre la migraine ou de la société tessinoise Mondobiotech. L'éventail des papables est large et englobe aussi SR Technics, active dans l'entretien des avions. Y figurent aussi des sociétés financières comme Partners Group (gestion de fortune) et New Value (investissement).