Gestion

Le boom des ETF commence à s’essouffler

Les afflux de fonds en ETF ne dépassent plus ceux de l’année précédente, mais ils atteignent tout de même 358 milliards de dollars à la fin de septembre. L’incertitude des marchés n’est pas étrangère au ralentissement

Les ventes massives d’actions des dernières semaines et la hausse des rendements obligataires se sont traduites par une augmentation de l’incertitude. L’indice de volatilité Vix a par exemple bondi à 28, un niveau inconnu depuis trois ans, note Reda Zebdi, responsable de la distribution auprès d’iShares pour la Suisse romande. Le marché des ETF n’est pas épargné.

BlackRock en leader

Le représentant du leader des ETF dans le monde qui appartient à BlackRock, l’explique par une combinaison de facteurs macroéconomiques allant du durcissement des conditions de financement aux tensions commerciales en passant par les craintes d’inflation. Notre interlocuteur interprète les forts mouvements des marchés financiers et la hausse de la volatilité «comme une correction technique et non comme un changement de régime».

Le leader des ETF constate que les flux de capitaux vers les ETF atteignent tout de même 358 milliards de dollars à fin septembre. Jusqu’ici, cette collecte correspond assez bien à l’évolution de l’année dernière, même si elle lui est un peu inférieure. En 2017, la collecte totale a atteint 655,7 milliards sur l’ensemble de l’année. Les flux de 2018 dépassent tout de même ceux de 2015 et de 2016. Il s’agit d’un ralentissement, mais pas d’une cassure sur un marché des fonds passifs cotés qui atteint actuellement 5242 milliards de dollars, dont 80% en actions.

Divergences entre les Etats-Unis et l’Europe

«Une grande divergence se manifeste entre l’Europe et les Etats-Unis en 2018», observe Reda Zebdi. Chaque semaine, les flux de capitaux en ETF restent positifs en Europe, alors que les mouvements sont très irréguliers aux Etats-Unis. Les actions attirent 256 milliards de dollars d’investissements cette année, soit la très grande majorité des flux en ETF (72% du total).

La concentration sur les leaders du marché américain s’est poursuivie cette année puisque les deux premiers du marché américain (iShares avec 38,2%, Vanguard 25,3%) détiennent 63,5% du marché. En Europe, iShares domine plus largement qu’aux Etats-Unis avec 42,4% de part de marché. Les suivants sont distancés, avec Deutsche Bank (10,5%), Lyxor (9,3%), UBS (6,5%), Credit Agricole (5,8%) et Vanguard (4,9%). L’augmentation de la volatilité n’a pas modifié les positions. IShares a attiré 12 milliards de dollars en Europe cette année, devant Deutsche Bank (7,9 milliards) et Credit Agricole (4,8 milliards).

L’incertitude de cet automne profite aux produits smart bêta. Ces derniers utilisent d’autres critères que la capitalisation boursière d’un indice, par exemple en prenant une pondération équivalente à chaque valeur. Reda Zebdi observe un intérêt marqué pour les ETF dits «minimum variance», destinés à offrir une volatilité inférieure à celle du marché, ainsi que les actions dites de «qualité» (bilan sain des sociétés et rentabilité durable à long terme).

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