Une pêche miraculeuse, de plus presque inépuisable. Les Chinois s’érigent en sauveurs de l’industrie touristique suisse. Cette branche, engoncée dans ses problèmes structurels et de cherté de la devise nationale, profite à plein de la manne chinoise. En 2012, entre 830 000 et 840 000 citoyens de l’Empire du Milieu ont visité la Suisse, selon les calculs de Suisse Tourisme. Soit une progression de 25% d’une année sur l’autre, selon des données encore provisoires publiées dimanche dans la NZZ am Sonntag. Ils étaient ainsi plus nombreux que des clients de pays pourtant historiques pour la branche, comme les Pays-Bas, l’Italie ou le Japon.

Cette tendance ne fait d’ailleurs que s’accélérer. Il y a cinq ans, la Suisse n’avait accueilli que 134 000 Chinois. Et ce n’est pas tout. Selon une étude du voyagiste TUI, quelque 16 millions de touristes chinois vont visiter l’Europe d’ici à 2020, alors qu’ils n’étaient que 3,8 millions en 2010. Suisse Tourisme a déjà fait ses calculs: «Nous estimons qu’un quadruplement du nombre de touristes chinois en Suisse comme une donnée réaliste. La Suisse jouit dans ce pays d’une très bonne image», selon une porte-parole. Ce qui signifierait 2,4 millions de personnes passant un séjour en Suisse.

Jusqu’ici, les touristes chinois visitaient surtout Interlaken, Lucerne, Zurich ou encore Genève. Parfois aussi Zermatt. Le tourisme suisse entend désormais élargir son offre à destination des futurs arrivants. D’autres régions devraient en profiter à l’avenir, comme le Tessin, les Grisons et le Valais. Mais également Appenzell. Pour la première fois, Suisse Tourisme a coopéré cet hiver avec deux voyagistes chinois afin de proposer des vacances de ski dans les Alpes helvétiques.

Rues horlogères

Ce flux croissant de touristes ne profite d’ailleurs pas qu’à l’hôtellerie. Les horlogers peuvent aussi se frotter les mains. La Bahnhof­strasse s’est d’ailleurs muée en peu de temps en une vitrine presque essentiellement horlogère, avec pas moins de 28 points de vente. Depuis longtemps, Interlaken et Lucerne ont misé sur le commerce horloger. Ces dernières années, les boutiques de montres ont ouvert les unes après les autres. Cet appétit pour les montres achetées en Suisse a d’ailleurs permis de compenser le fléchissement observé des ventes en Chine.