En 2000, l'Etat a grevé les comptes de la BCGE à hauteur de 12,7 millions: 2,7 millions pour la garantie de l'épargne des clients et 10 millions pour la garantie octroyée à la Fondation de valorisation. L'an prochain, le tarif sera de 20 millions. Et, la BCGE accumulera en plus une charge «morale» annuelle de 80 millions supplémentaires couvrant les avances de l'Etat à la Fondation pour couvrir ses déficits de fonctionnement.

Les responsables de la banque veulent donc voir ces 5,1 milliards disparaître de leur bilan le plus vite possible. Soit, d'ici à dix ans, selon l'hypothèse la plus en vogue dans les milieux concernés par ce dossier. La question est d'autant plus épineuse que, sans ce «prêt», la marge d'intérêt de la BCGE serait de 1,2% à 1,3%. Or, sa marge sur les 5,1 milliards confiés à la Fondation est nulle: le taux de 3,75% qu'elle est censée toucher est annulé par le coût du refinancement.

Pour que la Fondation ne soit plus un boulet et parce que l'Etat ne s'active pas, contrairement à ses promesses politiques, pour sortir le prêt du bilan de la BCGE, c'est son volume qui doit baisser rapidement d'au moins 1,4 milliard. Ce montant est celui à partir duquel la BCGE pourra recommencer à souffler. Cette année, les espoirs se situent à 900 millions, dont 250 à 500 par les ventes effectives et 500 millions par un prêt consortial des banques cantonales pour refinancer la Fondation. En 2001, il faudrait réaliser 500 autres millions.

Mais les discussions sur le prêt consortial sont stoppées. L'Etat estime en effet que le taux proposé par les banques cantonales (3,9% à 10 ans), malgré le handicap de la garantie étatique par caution simple, est trop élevé. Par contre, selon nos informations, sa notation par Standard & Poor's impose à l'Etat de payer plus de 4% sur les emprunts qu'il fait…