La BCE a mis le couteau sous la gorge d’Athènes mercredi soir en privant les banques grecques d’un important canal de financement, contraignant les Européens à s’entendre sous peine de crise de financement de l’Etat grec.

Le ministère grec des Finances a tempéré la portée de la décision de l’institution monétaire de Francfort, en assurant peu après qu’elle n’avait «pas de répercussions négatives» sur le secteur financier du pays qui reste «totalement protégé» grâce aux autres canaux de liquidités toujours disponibles.

Cette décision de la BCE, ajoute le ministère dans un communiqué, «met la pression sur l’Eurogroupe (la réunion des ministres des Finances de la zone euro, ndlr) pour progresser rapidement vers la conclusion entre la Grèce et ses partenaires d’un accord qui bénéficie à chacun» sur l’avenir de la dette grecque et des réformes économiques du pays.

La BCE a annoncé qu’elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu’ici aux banques grecques, qui leur permettait d’emprunter de l’argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu’elle exige habituellement.

Le communiqué de la BCE a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers, l’euro chutant nettement à son annonce. Le taux d’emprunt de la Grèce a lui repassé la barre des 10% jeudi à l’ouverture du marché obligataire en zone euro, tandis que la bourse d’Athènes abandonnait près de 6% vers 10 heures du matin. Les banques subissaient même une attaque en règle, l’indice spécifique du secteur bancaire grec s’effondrant de plus de 22%.

Dans la journée encore, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis était venu en personne à Francfort demander à Mario Draghi, président de la BCE, de quoi «garder la tête hors de l’eau» le temps de s’entendre avec ses partenaires européens.

La nouvelle équipe aux manettes à Athènes, menée par le chef du parti de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, veut renégocier sa dette de plus de 300 milliards d’euros et mettre fin à la cure de rigueur imposée par ses partenaires en échange de leur aide. MM. Tsipras et Varoufakis sont depuis dimanche en tournée européenne pour rallier les soutiens et expliquer leurs vues.