Lancée en juillet dernier, la Bourse à l'emploi de l'OSEO (l'Œuvre suisse d'entraide ouvrière) a trouvé ses marques et prend de l'ampleur. Après son lancement à Gland, cette agence de travail temporaire sans but lucratif, destinée aux exclus du marché du travail (chômeurs en fin de droits, personnes au bénéfice de l'aide sociale ou du RMR, réfugiés) s'est étendue à la commune de Nyon, avec l'appui de la municipalité. Et des projets sont à l'étude pour ouvrir des antennes sur la Riviera et dans le Nord vaudois, ont annoncé ses responsables hier.

La Suisse romande connaît encore peu le système de la Bourse à l'emploi, né en Suisse alémanique où l'OSEO possède sept bureaux. Ces projets de réinsertion socioprofessionnelle «sont indépendants des mesures actives de l'assurance chômage, mais ils leur sont complémentaires», estime Philippe Delbrouck, le directeur du bureau vaudois de l'OSEO. Les emplois de courte durée proposés peuvent être offerts par les communes (entretien de bâtiments scolaires pendant les vacances, par exemple), des entreprises ou des personnes privées s'il s'agit de «petits boulots» dans le nettoyage, le jardinage, les petits déménagements. «Nous aimerions développer davantage le marché des emplois de proximité. Je suis certain que beaucoup de gens ont du travail à donner, ne serait-ce que pour quelques heures, pour tondre le gazon, faire des commissions ou bricoler», lance Félix Brefin, le responsable de la Bourse à l'emploi. L'employé touchera entre 16 et 22 francs de l'heure au minimum, ce qui revient un peu plus cher à l'employeur, compte tenu des charges comme les assurances sociales, la TVA, etc.

«Pour les demandeurs d'emploi, la Bourse offre un tremplin afin de se relancer dans le monde du travail, de retrouver confiance en soi. Cela permet aussi de recommencer à travailler avec un temps partiel», souligne Philippe Delbrouck. «Psychologiquement, il est important d'entrer dans une logique de marché de l'emploi et non dans un programme de réinsertion», ajoute Félix Brefin. L'OSEO offre également un suivi aux personnes placées et c'est elle qui règle les affaires administratives (contrat, versement du salaire, etc.). Depuis juillet dernier, à Gland, plus de 2000 heures de travail ont été effectuées. Et si cela ne représente qu'une dizaine de personnes, «c'est que la mise sur pied et l'établissement du projet prennent du temps, avoue Félix Brefin. Car c'est un véritable réseau que nous devons construire.»

Renseignements: Bourse à l'emploi, 1, Montoly, 1196 Gland, tél. 078/ 773 55 55