Novartis n'en veut plus. Les actionnaires de Crucell, eux, sont partants. Selon toute vraisemblance, Berna Biotech sera rachetée par la société néerlandaise.

Mardi matin, Novartis a indiqué qu'il renonçait à lancer une offre publique d'achat (OPA) sur l'entreprise de biotechnologie bernoise. Le jeu n'en vaut pas la chandelle, écrit en substance le groupe bâlois. Il avait pourtant manifesté son intérêt en décembre après le lancement d'une OPA sur cette même Berna Biotech par Crucell.

Dans la foulée de l'annonce, l'action du fabricant de vaccins suisse a chuté de plus de 7%. Celle de Serono a en revanche bondi de plus de 5%. La Bourse croit que la décision de Novartis, dont l'action a reculé, renforce son intention de s'emparer de la biotech genevoise. En novembre, Ernesto Bertarelli, le patron de cette dernière, annonçait réfléchir à une cession de la société, valorisée plus de 10 milliards de francs, qu'il contrôle.

Un peu plus tard dans la journée, les actionnaires de Crucell ont approuvé l'OPA sur Berna Biotech. Réunis en assemblée générale, ils ont décidé qu'en cas de succès, Crucell émettrait jusqu'à 18 millions d'actions. «Les actionnaires de Crucell et de Berna détiendraient alors respectivement 73% et 27% de la nouvelle Crucell», précise le communiqué de la société néerlandaise.

La direction de Berna Biotech, qui a déjà accordé son soutien à Crucell, s'est empressée de rappeler tout le bien qu'elle pense de l'opération qui propose plus de 15 francs par titre. L'action a terminé la séance de mardi à 14,35 francs.

Cet après-midi, les actionnaires de la société suisse devraient accepter de modifier certains points réglementaires permettant à l'OPA de se faire. Si l'offre, qui court jusqu'au 20 janvier, aboutit, on assistera un peu à la grenouille qui mange le bœuf. Crucell réalise un chiffre d'affaires six fois plus petit que celui de Berna, plus de 200 millions. On peut enfin noter que les deux sociétés perdent de l'argent.