Placements

La bourse de Paris s’envole avec les résultats du premier tour

Les investisseurs s’étaient inquiétés d’un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour. L’échec du deuxième et la présence d’Emmanuel Macron les a rassuré. Ce dernier est le candidat favori des marchés, qui sont soulagés, mais pas encore complètement rassurés

Après s’être faits peur ces derniers jours, les marchés respirent. La confrontation des extrêmes – Marine Le Pen et Jean-Luc Mélanchon, tout d’eux critiques de l’Union européenne et des marchés – n’aura pas lieu. Après le choc du Brexit et l’élection de Donald Trump, les investisseurs étaient tendus, d’autant plus que les estimations entre les quatre candidats en tête des sondages étaient serrées et que le candidat de la France Insoumise avait fait une remontée impressionnante dans la dernière ligne droite de la campagne.

Mieux encore, Emmanuel Macron, candidat favori des marchés, est pour l’instant donné gagnant par les instituts de sondage. Ainsi, de l’Asie à l’Europe, les bourses ont affiché des chiffres positifs lundi. En tête, Paris a bondi de 4,1% à l’ouverture et l’euphorie s’est poursuivie pendant la journée. Les banques font partie des grands gagnants de la journée. Les autres places européennes ont également progressé et, dans une moindre mesure, le SMI aussi (+1,5% à la mi-journée).

Euro en hausse, franc en baisse

L’euro a également regagné du terrain dès l’annonce des résultats partiels. La monnaie unique a atteint ainsi son plus haut depuis fin 2016, avant de refluer. De quoi aussi faire baisser la pression sur le franc, que les investisseurs utilisent comme refuge en cas de tempête boursière. La monnaie helvétique est d’ailleurs tombé à un plus bas en cinq mois lundi. En début de matinée, un euro s’échangeait contre 1,0837 franc.

Signe que la tension a diminué, l’or a également perdu du terrain et atteint son point le plus bas en sept semaines. Marine Le Pen veut remettre en question la présence de la France dans la zone euro, ainsi que la libre circulation des personnes, tandis qu’Emmanuel Macron s’affiche comme un pro-européen.

Pas de confrontation «rêvée»

Les marchés sont soulagés, mais ils n’ont pas obtenu la confrontation dont ils rêvaient, celle qui aurait opposé Emmanuel Macron à François Fillon, les deux candidats les plus favorables aux marchés, nuance Mohamed El-Erian, ex-responsable des investissements chez le numéro un de la gestion obligataire Pimco et chroniqueur à Bloomberg. «La réaction initiale devrait donc être positive, sans être exubérante. L’importance du rally dépendra de l’avance d’Emmanuel Macron.»

Optimiste, Lombard Odier montre néanmoins une légère prudence aussi: «L’éventualité d’un scandale impliquant le candidat centriste et/ou d’une attaque terroriste reste une inconnue incontestable, alors que les sondages se sont quant à eux souvent trompés par le passé», explique Salman Ahmed, stratégiste chez Lombard Odier Investment Managers. D’après le spécialiste, la remontée de l’euro devrait être modéré ces prochains jours. En revanche, il s’attend à une réduction net de l’écart de rendement entre les obligations souveraines françaises et allemandes. De même, une fois l’incertitude électorale française dépassée, les marchés actions pourront se concentrer sur l’amélioration de la croissance européenne et repartir à la hausse.

Une hausse limitée, estime cependant Goldman Sachs car les actions européennes en général et françaises en particulier ont bien performé depuis le début de l’année, même avec la crainte suscité par la popularité des deux mouvements d’extrême-droite et d’extrême-gauche. En attendant l’issue du second tour, les deux prochaines semaines pourraient être volatiles et les marchés nerveux, prédit le gérant d’actifs Neuberger Berman.

Lire aussi: Emmanuel Macron, quinze jours pour devenir président (analyse)

Publicité