NEGOCE

La Bourse suisse abaisse les frais de transaction sur Virt-x

Le groupe SWX diminuera d'environ 15% les montants facturés aux traders de blue chips suisses et européens et d'ETF échangés sur la plate-forme Virt-x à Londres.

L'automne s'annonce souriant aux négociants de plusieurs types de valeurs mobilières. Certaines de leurs charges vont diminuer prochainement. La Bourse suisse SWX a annoncé hier sa volonté d'abaisser d'environ 15% ses tarifs pour les ordres exécutés dès le 1er janvier 2007 sur les blue chips suisses et européens et sur les ETF échangés sur Virt-x, sa plate-forme londonienne. En outre, elle supprimera tous les frais de Bourse sur ces mêmes catégories de titres durant l'entier du dernier trimestre.

Dans son communiqué, SWX estime à environ 30 millions de francs les frais qui ne seront pas facturés aux clients de Virt-x. Le manque à gagner restera relativement indolore pour la Bourse suisse, environ 7,9% de son chiffre d'affaires de l'an dernier (voir tableau ci-joint) et donc une proportion encore plus faible pour celui de cette année. Il correspond environ au tiers du bénéfice net engrangé par le groupe l'an dernier, une proportion qui sera probablement très inférieure cette année.

«Stimuler les volumes»

«Nous sommes certes tenus d'être profitables, mais pas de maximiser la valeur actionnariale de notre entreprise», justifie Werner Vogt, porte-parole de la Bourse. SWX a donc choisi la baisse de tarifs pour faire bénéficier ses clients de l'explosion de sa rentabilité. Le geste n'est pas gratuit car ses gros clients sont aussi ses principaux actionnaires et siègent à son conseil d'administration. La solution retenue tranche cependant avec celle qu'aurait retenue une société cotée, le remboursement aux actionnaires par un rachat d'actions ou un dividende extraordinaire.

Logiquement, les professionnels se réjouissent de la mesure: «Elle s'inscrit dans la tendance générale de diminution des frais de courtage», remarque Pierre-Yves Revaz, porte-parole de Synthesis Bank à Genève, laquelle exploite une plate-forme de négoce ouverte.

«La Bourse cherche à stimuler les volumes d'échanges sur sa plate-forme», analyse Marc Bürki, directeur général de Swissquote, le plus important courtier en ligne de Suisse. L'une des mesures prises supprime le seuil minimal de 100 000 francs facturés aux banques, un geste que le CEO de Swissquote interprète comme «une claire volonté d'attirer de nouveaux intervenants». L'essentiel, c'est que la mesure s'applique à des segments de marché hautement concurrentiels que sont les actions des grandes sociétés et celui des ETF, en pleine explosion grâce à la bonne tenue des marchés. A l'inverse, les autres catégories de titres, comme les actions de sociétés suisses non membres du SMI, ne bénéficient pas de ces abattements. «L'extension du rabais à cette catégorie de titres est toutefois une question discutée parmi les membres de la Bourse», observe Werner Vogt.

Un coup d'avance

Le but principal de SWX est de marquer le coup sur une place de Londres dominée par le LSE (London Stock Exchange), où Virt-x joue le rôle d'outsider. «Nous avons pris une décision proactive», poursuit le porte-parole de la Bourse, pour souligner le fait que la baisse n'intervient pas en réaction de la concurrence. «Il est vrai que SWX a pris un coup d'avance sur les marchés pour améliorer sa compétitivité», complète Marc Bürki. Dans certaines salles de marché en revanche, on n'est pas entièrement convaincu par cette initiative, que l'on interprète comme un alignement.

Les clients individuels devraient intégralement profiter de ces rabais. Plusieurs banques, petites et grandes, promettent de les répercuter dans leur entier. Mais pas de fausse joie pour le «petit client»: les sommes en jeu ne s'élèvent, au mieux, qu'à quelques francs par transaction. Les commissions bancaires, nettement plus élevées, ne sont pas concernées, et le timbre fédéral encore moins!

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