La bourse suisse crée un segment pour les actions étrangères

Négoce Plusde 500 titresde 27 pays seront traités en francsà Zurich

ICF Bank et Renell seront les deux teneurs de marché

«Deux promoteurs qui offraient déjà ce service à la Deutsche Börse sont venus nous proposer une solution en conformité avec la stratégie que nous poursuivons depuis des années et nous sommes tombés d’accord», explique mercredi le porte-parole de SIX Swiss Exchange. Ces deux promoteurs sont ICF Bank, un négociant en valeurs ­mobilières basé à Francfort, et Renell Wertpapier­handelsbank, un autre groupe allemand.

L’idée consiste à négocier en bourse («on-the-exchange») plus de 500 actions provenant de 27 pays, et regroupées sous le titre «Sponsored Foreign Shares». La plupart des grands noms internationaux de la cote seraient disponibles sur ce nouveau segment, de Daimler à Google et de Microsoft à Sony, selon la bourse suisse. «Ainsi, nous pouvons élargir l’univers des titres disponibles», indique le porte-parole. Les détails seront présentés lors du lancement, le 5 novembre prochain, à Zurich.

L’initiative répond aussi à la diminution du marché secondaire en actions étrangères. Sur la bourse de SIX, ce marché s’est réduit à une quarantaine de titres tels que 3M, BASF, Anglo American, Caterpillar, Danone ou Scor. De plus en plus, les sociétés internationales cherchent à n’être ­cotées que sur leur marché domestique («home market»). Siemens vient par exemple de se retirer des bourses de Londres et de ­New York.

Sur le nouveau segment de SIX, les actions étrangères ne seront pas cotées mais autorisées et les cours seront en francs suisses. A l’inverse du marché secondaire, où l’ordre d’achat (vente) d’un investisseur s’adresse à celui de vente (achat) d’un autre investisseur, sur le «Sponsored Foreign Shares», l’ordre est envoyé aux deux «teneurs de marché», Renell et ICF Bank. Les promoteurs s’engagent à remplir les obligations d’annonce et de maintien des conditions de cotation, ainsi qu’à assurer la tenue du marché pendant les heures d’ouverture de SIX Swiss Exchange. Les titres sont autorisés sans le concours de l’émetteur (la société cotée) et une telle autorisation n’entraîne aucune obligation pour ce dernier, selon le communiqué.

Selon Christian Katz, directeur général de SIX Swiss Exchange, «le négoce d’actions étrangères en francs suisses sur notre bourse permet à tous les investisseurs d’économiser potentiellement beaucoup d’argent et de risques».

Pour le petit investisseur, à part l’élargissement de l’offre de titres étrangers en francs suisses, rien ne change, dans la mesure où il transmet son ordre d’achat à sa banque personnelle.

La plupart des grands noms internationaux de la cote seraient disponibles sur le nouveau segment