Le marché suisse se replie jeudi, alors que la Réserve fédérale a procédé à un assouplissement monétaire surprise de 50 points de base mercredi soir, levant ainsi les doutes sur le risque de rechute de l'économie américaine. La banque centrale américaine, qui n'avait pas modifié ses taux depuis décembre 2001, a donc décidé de frapper un grand coup. Conformément aux attentes des économistes, la Banque d'Angleterre, la BCE et la BNS optent pour le statu quo sur leurs taux directeurs. Parmi les blue chips, Nestlé est orienté à la baisse. Il semblerait que le groupe pharmaceutique américain Pfizer ait reçu deux offres pour le rachat de sa division Adams, qui fabrique de la gomme à mâcher. L'une d'elles émanerait du britannique Cadbury-Schweppes et la seconde de Nestlé. L'opération est évaluée à quelque 4 milliards de dollars. Affaire à suivre. Par ailleurs, Peter Brabeck, président du groupe, a déclaré au cours d'une interview que Nestlé n'avait pas besoin d'être numéro un ou numéro deux sur le marché américain du chocolat. En effet, la société peut augmenter ses profits et gagner des parts de marché à partir de sa position actuelle. Depuis 2000, Nestlé a procédé à des acquisitions d'un montant de 15 milliards, qui comprennent le fabricant d'alimentation pour animaux domestiques Ralston Purina, les crèmes glacées Dreyer et les snacks Chef America, qui opèrent tous dans des segments à forte croissance et très rentables. Dans un autre registre, Holcim perd du terrain après la publication de ses résultats trimestriels. Son bénéfice net a augmenté modestement de 3% à 222 millions de francs. Pour l'ensemble de l'exercice en cours, le cimentier table sur un recul de ses profits par rapport à 2001, en raison principalement d'une charge exceptionnelle de 63 millions de francs provenant de la fermeture d'une usine en Argentine. Le groupe, qui se montre confiant pour 2003, dispose d'un trésor de guerre d'un montant de 3,1 milliards de francs. Pour sa part, ABB figure parmi les rares progressions de la séance au sein des grandes capitalisations. Selon certaines rumeurs, le groupe aurait reçu plusieurs offres pour sa division pétrole, gaz et pétrochimie. Par ailleurs, ABB doit donner aujourd'hui des détails sur son plan de restructuration, sa nouvelle stratégie et sur les réductions de coûts et d'endettement aujourd'hui. Il évoquera également l'évolution de la situation sur le front de l'amiante.