L'annonce de la démission de Moritz Suter, mercredi dernier, n'aurait pas été faite dans les règles de l'art, selon la Bourse suisse. Elle a ouvert une enquête pour en éclaircir les circonstances. Ce départ a en effet été rendu public avant la clôture des cotations, par voie de communiqué. Or, ce type d'information a en général une influence sur le cours des actions d'une société.

Un départ d'un dirigeant doit normalement se faire soit avant l'ouverture de la Bourse, soit après sa fermeture. Il reste encore la possibilité de suspendre la cotation pendant une demi-heure afin que tous les investisseurs, y compris les petits actionnaires, soient logés à la même enseigne, a déclaré Leo Hug, porte-parole de la Bourse suisse. Toujours selon lui, les sanctions envers les sociétés qui enfreignent ce règlement vont d'un blâme au retrait du titre de la cotation. Il est peu probable, selon Leo Hug, que la dernière éventualité soit envisageable pour SAirGroup.

Titre sanctionné

Lundi, les investisseurs ont sanctionné le titre. Le dernier épisode des démissions en cascade, celui du conseil d'administration vendredi, les inquiète. L'action de SAirGroup a dégringolé de 14% pour s'arrêter dans sa chute à 174 francs, soit son plus bas niveau depuis cinq ans. Outre les départs des dirigeants, ce sont les rumeurs sur les pertes du groupe qui affolent les investisseurs. Les dernières estimations font état de 2,5 milliards au moins. Ce sont surtout les engagements dans les compagnies étrangères qui devraient grever les comptes du groupe. Autre élément qui perturbe les investisseurs: les fameuses options d'achat avec lesquelles SAirGroup s'est engagé, comme c'est le cas pour Sabena ou le pôle aérien français.