Innovation

La bourse suisse s’allie avec le Nasdaq pour utiliser la blockchain

Les transactions de gré à gré pour les produits structurés devraient reposer sur un système dit de registres distribués. Ce n’est pas le premier essai de SIX avec la blockchain

La popularité de la blockchain ne cesse de croître parmi les institutions financières. Elle suscite un engouement qui s’explique par une promesse de renouveler des infrastructures financières désuètes et un immense travail administratif qui pourrait être automatisé.

Selon une étude publiée par Santander InnoVentures, le bras d’investissement dans les start-up de l’établissement espagnol, citée par Quartz, cette technologie, utilisée initialement pour faire fonctionner la monnaie bitcoin, pourrait permettre aux banques d’économiser 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici à 2020.

Les banques sont donc particulièrement intéressées, mais elles ne sont pas les seules. Les fournisseurs d’infrastructures financières le sont tout autant, notamment SIX Group, l’opérateur de la bourse suisse. Ce dernier a annoncé mercredi matin travailler avec l’opérateur américain du Nasdaq et son partenaire, Chain, une start-up californienne spécialiste de la blockchain, avec qui il collabore sur d’autres projets.

But plus large

Dans ce cas, l’idée est de développer un minimum viable product (MVP), terme consacré pour signifier une stratégie de développement de produit, rapide et testé pour être mis sur le marché, pour les échanges de gré à gré de produits structurés à SIX Group, en utilisant un système dit de registres distribués (distributed ledgers). Ce dernier permet d’enregistrer les transactions dans un registre virtuel décentralisé dont chaque transaction est un bloc qui s’ajoute aux autres blocs.

Selon le communiqué, le but est d’essayer ce système pour l’étendre à d’autres produits et permettre aux membres de SIX Group de l’utiliser. «Nous sommes toujours intéressés à explorer des technologies innovantes qui pourraient servir pour des offres commerciales plus larges», a expliqué Chris Landis, responsable de la division SIX Swiss Exchange.

«Nasdaq croit fortement au pouvoir des technologies émergentes de transformer les marchés financiers», a, pour sa part, ajouté Lars Ottersgard, responsable de la technologie chez l’opérateur américain. Les deux bourses collaborent depuis plus de dix ans dans la technologie de courtage des actions SIX, les ETF, les produits structurés, les fonds et les marchés à taux fixes, entre autres.

Autres projets en cours

Ce n’est pas la première fois que la bourse suisse se penche sur les applications de la blockchain pour les transactions financières. Elle fait également partie d’un consortium d’entreprises et d’universités, qui travaille depuis septembre de l’année dernière sur un système d’échange de gré à gré pour les actions suisses. «La technologie blockchain permet de garder le caractère bilatéral des transactions tout en réduisant les délais de clearing/settlement et en étant conforme à la réglementation, qui a évolué», expliquait en janvier dernier Mathias Bucher, responsable de ce projet, qui venait d’aboutir, à la Haute Ecole de Lucerne. «SIX veut engranger de l’expérience dans des cas concrets», a ajouté un porte-parole de SIX Group.

Lire aussi: La blockchain fait son entrée dans la finance suisse

L’utilisation de cette nouvelle technologie est dans toutes les to-do lists. Le Luxembourg a annoncé en juillet avoir réussi ses premières transactions sur la blockchain. Il s’agissait d’achats de parts de fonds de placement. En juin, Daimler et Landesbank Baden-Württemberg l’ont utilisée pour lever 100 millions d’euros sur les marchés financiers. Surtout, plusieurs consortiums réunissant des banques travaillent sur diverses applications.

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