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Le SMI à Zurich ce mardi 6 février 2018
© MORITZ HAGER

Marchés

La Bourse suisse termine dans le rouge dans un contexte nerveux

Dans le sillage de Wall Street et des bourses asiatiques mardi, le SMI a plongé de 2,9%. Les banques font partie des plus gros perdants

La Bourse suisse a terminé en net repli mardi, dans le sillage de la dégringolade de Wall Street la veille. L'indice vedette SMI a clôturé sur une baisse de 2,9% pour tomber à 8836,71 points.

Le SLI a cédé 2,99% à 1448,92 points et l'indice élargi SPI 2,67% à 10'179,98 points. Les 30 valeurs vedettes ont terminé dans le rouge.

Credit Suisse (-6%) a fini lanterne rouge. UBS (-4%) et Logitech (-3,9%) complètent le trio des plus gros perdants.

Selon Inside Paradeplatz, la banque aux deux voiles aurait subi de fortes pertes dans le cadre d'un investissement dans un produit anti-volatilité ETN XIV. La banque a relevé que l'activité de l'ETN XIV reflète la volatilité du marché. «Il n'y aura pas d'effets significatifs pour Credit Suisse.» Julius Baer (-3,3%) fait aussi partie des gros perdants.

Swiss Re, Swiss Life, Bâloise, ABB, Zurich, Partners Group, Dufry, Lonza, Richemont, Aryzta, SGS, Adecco et Novartis ont toutes cédé plus de 3%.

Sonova (-1,1%), Kühne+Nagel (-1,3%) et Swisscom (-1,7%) ont fait les "meilleures" performances du jour. Dans le camp des poids lourds, Roche (-1,9%) a le mieux résisté, après la publication de données encourageantes sur Tecentriq et Avastin contre le cancer des reins. Nestlé a cédé 2,3%.

Lire aussi: Les marchés européens toujours en berne après l’effondrement de Wall Street

Dès l’ouverture, l’indice des valeurs vedettes, le Swiss Market Index (SMI) avait donné le ton, dégringolant de près de 4% l’espace de quelques minutes. Il faut dire que juste auparavant les marchés asiatiques venaient de connaître des séances pour le moins chaotiques, dans le sillage de la déconvenue relevée à New York. 

A Wall Street, lundi, les investisseurs ont soudainement cédé à l’affolement, le Dow Jones s’affaissant de 1600 points. La Bourse de Tokyo a chuté de 4,73%, après être tombée de plus de 7% en cours de séance, du jamais vu depuis l’élection en 2016 de Donald Trump à la Maison Blanche, qui avait provoqué un mouvement de panique ponctuel.

Ailleurs dans la région, Sydney a fini en baisse de 3,2%, Hong Kong perdu plus de 5% à la clôture, tandis qu’en Chine continentale, l’indice composite de Shanghai abandonnait plus de 3%.

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Perte contenue pour le SMI

Après son démarrage rouge vif, le SMI s’est ressaisi pour perdre moins de 2% et repasser au-dessus de 8900 points, un niveau qui apparaît toutefois comme le plus bas depuis cinq mois. Vers 16h00, sa situation se maintenait, décrochant de 1,5%, après avoir clôturé en recul de 1,3% la veille.

La tendance générale sur les marchés s’inscrit dans le contexte de places financières qui sont sous pression, après l’euphorie boursière de ces derniers mois. Les marchés craignent un retour marqué de l’inflation aux Etats-Unis, sur fond de hausses salariales annoncées ces dernières semaines.

L’année 2018 avait pourtant bien commencé, les indices enchaînant les records à New York, mais vendredi la publication aux Etats-Unis du rapport mensuel sur l’emploi a subitement changé la donne.

Bonne nouvelle pour l’économie américaine, l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés en ravivant les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Mardi, cependant, la Bourse de New York reprenait du poil de la bête, le Dow Jones avançait de 1% vers 16h30, une heure après l’ouverture.

Correction passagère

L’évolution des derniers jours revient plutôt à une correction qui durera un moment, estime Anastassios Frangulidis, stratège en chef chez Pictet Asset Management, contacté par l’ats. A ses yeux, il ne faut pas craindre la fin de la tendance favorable qui a cours depuis 2012 en Europe, et même 2009 aux Etats-Unis.

Seul un recul durable des bénéfices des entreprises pourrait entraîner la fin du phénomène, avance Anastassios Frangulidis. Les banques centrales retirent de la liquidité des marchés et les taux montent, mais ces influences négatives sur la conjoncture sont compensées par la faiblesse du dollar et la réforme fiscale.

Ces deux facteurs constituent un stimulus. La probabilité de voir émerger une récession est modeste, même si les marchés prédisent une telle évolution six à neuf mois à l’avance. «La correction est saine», explique encore Anastassios Frangulidis. Les obligations sont devenues intéressantes, ce qui réduit l’attrait des actions.

Tout comme les donneurs d’ordres se détournent des actions, plus risquées que les obligations, ils se réfugiaient mardi vers le yen, valeur-refuge prisée en période d’incertitudes. Autre valeur-refuge, le franc s’est apprécié ces derniers jours, l’euro s’échangeant sous 1,16 franc et le dollar sous 94 centimes.

Bitcoin à la peine

L’once d’or a fini pour sa part à 1344,65 dollars au fixing du matin mardi, contre 1333,60 dollars lundi au fixing du soir. Autre actif risqué délaissé, la devise virtuelle bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute.

A ce sujet:  Le bitcoin? «Une bulle, un montage Ponzi et un désastre environnemental»

Le bitcoin valait 6966,26 dollars, contre 7125,79 dollars lundi soir, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg. Mardi matin, le prix était tombé à 5922 dollars, son niveau le plus faible depuis mi-novembre.

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