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La bourse suisse utilise les micro-ondes pour transmettre des données

SIX a mis en place des connexions plus rapides pour échanger des informations entre certaines places financières. Une annonce qui pourrait être comprise comme un pas vers les traders à haute fréquence. L’opérateur s’en défend

Non, il ne s’agit pas de fours. Plutôt de transmissions de parabole à parabole – et appelées micro-ondes, parce qu’elles sont plus courtes que les ondes utilisées pour la radiodiffusion. L’opérateur de la bourse suisse, SIX, vient de lancer une nouvelle connexion pour le négoce international basée sur les micro-ondes, une technologie développée par sa joint-venture basée à Zurich, 12H.

Principal intérêt de ces connexions aériennes qui relient la bourse de Zurich à celles de Francfort, de Londres et de Milan? Transmettre les données de marchés deux fois plus rapidement qu’avec la fibre optique, qui envoie les informations à travers le sol. «SIX, vante le communiqué diffusé jeudi, est la première bourse d’échange au monde à posséder et exploiter un réseau international en Europe basé sur micro-ondes.» Pour SIX, comme pour le responsable de 12H, Reinier Fliehe Boeschoten, ce développement contribue à «façonner la bourse du futur», basée sur l’innovation.

«Meilleur environnement»

On pourrait interpréter ce développement comme un moyen de séduire les traders à haute fréquence, pour qui la rapidité est un élément crucial dans leurs stratégies automatisées. «C’est vrai qu’ils font partie des stratégies qui se concentrent sur la rapidité, mais on ne peut pas dire que cette annonce est un moyen de les attirer, défend un porte-parole de l’opérateur de la bourse de Zurich. Nous voulons offrir le meilleur environnement aux investisseurs dans les titres cotés chez SIX.»

Pour lui, «le fait de transmettre les informations plus rapidement permettra de réduire les risques, d’augmenter la sécurité et la liquidité. Ce qui est bénéfique pour tous les participants – banques, courtiers ou autres – qui peuvent souscrire à ce service et pour les investisseurs finaux», assure-t-il. D’autant que ceux-ci devraient aussi pouvoir en bénéficier grâce à la réduction des écarts (spreads) dans les transactions.

Sujet à controverse

De fait, aucune bourse ne souhaiterait donner l’impression de dérouler le tapis rouge aux traders à haute fréquence, dont la présence est sujette à controverse. D’un côté, ils sont salués parce qu’ils amènent de la liquidité sur le marché – et du volume pour les bourses. De l’autre, ils sont souvent accusés de brûler la politesse aux investisseurs traditionnels en raison de leur rapidité à effectuer des transactions puisqu’elles sont gérées par des algorithmes. La bourse suisse ne divulgue d’ailleurs aucun chiffre sur la proportion de ces stratégies dans le volume de courtage généré chaque jour.

En Europe, il est évalué en moyenne à un peu plus d’un tiers des volumes totaux des bourses, mais SIX a toujours affirmé que ce niveau était plus bas sur sa plateforme, sans s’étendre sur le sujet. «Il est parfois difficile de savoir si un algorithme ou un humain se trouve derrière une stratégie, c’est pourquoi nous ne pouvons pas évaluer la proportion de trading à haute fréquence avec précision», explique SIX Group.

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