La Bourse de New York a terminé lundi sur une nouvelle chute de plus de 3%, soit près de 600 points, dans le sillage des places asiatiques et européennes, déstabilisées par les inquiétudes liées au ralentissement économique chinois. Ayant devancé la dégringolade avec de gros reculs jeudi et vendredi, le marché américain a toutefois moins chuté lundi que les autres places boursières.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average a enregistré son pire déclin en une séance depuis août 2011 en perdant 3,58%, soit 588,47 points, à 15’871,28 points. Il n’était pas tombé à ce niveau en clôture depuis février 2014. Le Nasdaq à dominante technologique a encore plus lourdement baissé, de 3,82%, soit 179,79 points, à 4526,25 points. Particulièrement surveillé par les investisseurs, l’indice élargi S&P 500 a abandonné 3,94%, soit 77,68 points, à 1893,21 points, pour entrer lui aussi en phase de correction, soit un déclin de plus de 10% depuis le dernier sommet.

Même si c’est la première fois que l’indice Dow Jones perd plus de 300 points au cours de trois séances d’affilée, selon la chaîne de télévision CNBC, les autorités américaines ont affiché leur calme. Le Trésor, «comme toujours, surveille l’évolution en cours et communique régulièrement avec ses partenaires responsables de la régulation et avec les participants sur le marché», s’est borné à déclarer un porte-parole.

Les matières premières et l’énergie en première ligne au Canada

La Bourse de Toronto a perdu 3,12% lundi à l’issue d’une séance nerveuse marquée par une forte volatilité des cours. Le marché canadien avait ouvert en forte baisse, son principal indice, le TSX, tombant même en séance de 5,70%, avant de se reprendre et de terminer à 13’052,74 points. Les valeurs les plus exposées à l’international ont été les plus attaquées. L’indice du secteur des entreprises minières et de métaux a ainsi enregistré une chute de 5,89%.

Les inquiétudes sur la tendance à terme de l’économie chinoise a provoqué une baisse des cours des matières premières industrielles, comme l’aluminium qui a atteint son plus bas depuis 2009. Les actions des sociétés aurifères ont chuté lourdement comme GoldCorp (-8%), Yamana Gold (-10%) ou Barrick Gold (-9%). Le secteur de l’énergie a également subi des pertes importantes avec un indice boursier sectoriel en repli de 4,27%, suite à un nouveau recul du prix du pétrole brut avec un baril sous les 40 dollars sur le marché de New York.

Impact sectoriel en Amérique du Sud

La Bourse de Sao Paulo, la principale d’Amérique latine, a, elle, clôturé en baisse de 3,3%. Le principal indicateur du marché, l’Ibovespa, affichait 44’336 points à la fermeture, modérant ses pertes après avoir chuté de jusqu’à 6,49% à l’ouverture.

«La Bourse dégringole, entraînée par la Chine, mais l’impact est avant tout sectoriel, dans le domaine des mines, de la construction et de la métallurgie», explique l’analyste économique André Ferreira, du consultant Futura à Sao Paulo.