Les principales Bourses d’Asie-Pacifique ont rechuté vendredi, effrayées par la possibilité d’une liquidation pure et simple du géant automobile américain General Motors (GM) et déçues par l’absence d’annonce de nouvelles mesures de relance en Chine.

Les marchés attendaient en outre nerveusement les statistiques sur le marché de l’emploi en février aux Etats-Unis, plus tard vendredi.

A Tokyo, l’indice Nikkei a terminé la séance sur un plongeon de 3,50% et s’affichait à son plus bas niveau depuis plus de quatre mois.

A la mi-séance, l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong reculait de 1,27%, Shanghai de 1,37%, Kuala Lumpur de 1,13% et Jakarta de 0,20%. Sydney a perdu 1,35% en clôture. Les pertes ont été beaucoup plus modérées à Séoul (-0,30%), en Nouvelle-Zélande (-0,82%) et à Manille (-0,22%).

Vers 06h15 GMT, Singapour cédait 0,67%. Bombay gagnait au contraire 0,81%.

A l’instar de Wall Street, où l’indice Dow Jones avait plongé la veille de 4,09% pour finir à son plus bas niveau depuis avril 1997, les investisseurs asiatiques ont été effrayés par la possibilité d’une liquidation GM. Cette perspective a été évoquée par le constructeur dans son rapport annuel, si le gouvernement américain refuse de lui verser les milliards de dollars de rallonge qu’il réclame et si le robinet du crédit continue de lui être fermé.

«De plus, le marché espérait entendre une annonce d’un nouveau plan de relance en Chine lors de l’ouverture de la session annuelle du parlement, mais rien de clair n’en est ressorti», a commenté Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities SMBC à Tokyo.

Les investisseurs s’attendent par ailleurs à de mauvais chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, les analystes estimant que la première économie mondiale a perdu 650.000 postes en février. En janvier, 598.000 emplois avaient déjà disparu aux Etats-Unis, le chiffre le plus élevé depuis 1974.

Quant au taux de chômage, il devrait selon les analystes monter à 7,9% en février contre 7,6% en janvier.

«La récession actuelle, qui a commencé par frapper les secteurs financier et immobilier, s’est malheureusement répandu à travers de larges pans de l’économie», a commenté Mike Fitzpatrick économiste chez MF Global.

Les marchés européens avaient également subi une journée noire jeudi. Londres avait cédé 3,18%, Paris 3,96% et Francfort 5,02%, insensibles à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de réduire son taux directeur d’un demi point de pourcentage, à 1,50%, le niveau le plus bas de son histoire.

Certains analystes ont critiqué la BCE, la jugeant trop lente à agir alors que ses homologues américaine et japonaise ont déjà réduit leurs taux à pratiquement zéro pour lutter contre la récession.

«Il est incroyable que la banque centrale ait mis si longtemps à se rendre compte de la gravité de la récession dans la zone euro, et qu’elle ne commence que maintenant à ajuster sa politique», a déploré Dariusz Kowalczyk, stratège chez SJS Markets à Hong Kong. Selon lui, cela «coûtera cher à l’économie européenne».