Les bourses de Hongkong et de Shanghai, qui procédaient à leurs premières cotations depuis la dégradation de la note américaine par Standard and Poor’s, creusaient leurs pertes lundi en fin de matinée, chutant de quelque 4%.

L’indice Nikkei de la bourse de Tokyo a perdu 2,18% lundi, abandonnant 202,32 points pour tomber à 9097,56 points, en raison d’inquiétudes sur les finances de pays européens et des Etats-Unis et d’un regain du yen face au dollar et à l’euro.

L’indice Hang Seng perdait 852,78 points, soit 4,07%, à 20 093,36 points vers 05h10 suisse, après avoir ouvert en repli de 2,57%. La bourse de Shanghai, qui reste un marché de taille modeste, perdait, elle, 4%, après avoir cédé 4,78%.

Quant à l’or, il enregistrait lundi un nouveau record sur le marché à Hongkong, crevant le plafond des 1700 dollars l’once pour la première fois, en raison de son statut – comme le franc suisse – de valeur refuge qui attire les investisseurs.

La décision de l’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s (S & P) de retirer aux Etats-Unis la prestigieuse note «AAA», dont jouissent les émetteurs d’obligations les plus fiables, étant intervenue vendredi après la fermeture des marchés, un mouvement de panique était redouté à la réouverture.

Quelques minutes auparavant, les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G7 s’étaient engagés dans un communiqué circonstancié à «prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la stabilité financière et la croissance». Les pays du G7 se sont également entendus pour éviter les mouvements excessifs sur le marché des changes, a indiqué le ministre japonais des Finances Yoshihiko Noda.

Depuis Washington, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a salué leur «coopération (qui) contribuera à maintenir la confiance et à favoriser la croissance économique mondiale». BCE.

La BCE a annoncé pour sa part qu’elle allait «appliquer activement son programme» de rachat d’obligations sur le marché secondaire, le marché d’occasion de la dette, sans préciser au secours de quel pays. Cette annonce a provoqué dès la réouverture des marchés le raffermissement de l’euro face au dollar.

Les investisseurs attendent une intervention au bénéfice de l’Italie et l’Espagne, les deux pays de la zone euro dans leur collimateur.

Nuit et jour ce week-end, G7, G20, gouvernements et banquiers centraux ont multiplié les contacts sur la crise de la dette en zone euro et le coup de tonnerre de la dégradation de la note des Etats-Unis pour rechercher une solution concertée avant l’ouverture des premières bourses en Asie.

En Europe, la BCE et le couple franco-allemand ont mis la pression sur l’Espagne et l’Italie, pour redresser au plus vite leurs comptes publics.

L’institution de Francfort a également appelé l’ensemble des dirigeants européens à appliquer rapidement l’accord conclu le 21 juillet pour aider la Grèce et stabiliser la zone euro, ce que le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont engagés à faire.

A Washington, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a décidé de rester à son poste «pour répondre aux défis auxquels est confronté notre grand pays». La presse spéculait depuis plusieurs semaines sur son départ.