Les Bourses d’Asie ont chuté vendredi après l’offensive du président américain Barack Obama contre les banques, dont il s’est juré de limiter la taille et les activités afin de les empêcher de provoquer de nouvelles crises financières.

A Tokyo, l’indice Nikkei des valeurs vedettes a terminé en recul de 2,56%, effaçant d’un coup presque tous ses gains depuis le début de l’année.

A la mi-séance, l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong lâchait 2,54%.

En clôture, Séoul a perdu 2,19%, Taipei 2,47%, Manille 0,96%.

A Sydney, l’indice S&P/ASX200 a terminé la journée en baisse de 1,59%, son plus fort recul en près de deux mois. Wellingon a perdu 1,23% en clôture.

Vers 08H10 heure suisse, Shanghai perdait 1,78%, Singapour 1,11%, Bombay 0,98%.

Le président Obama a attaqué les banques frontalement jeudi en annonçant son intention d’inscrire dans la loi des mesures limitant leur taille et leurs activités afin de mettre fin aux excès ayant mené à la crise.

Baisse aux Etats-Unis aussi

Jeudi à Wall Street, le Dow Jones avait perdu 2,01% et le Nasdaq 1,12%.

Selon les analystes, les investisseurs prévoient que, si les projets de M. Obama se concrétisent, les banques américaines cesseront d’investir dans les actifs comportant le plus de risques. Ces actions à risques risquent donc de chuter, ce qui a incité les intervenants à s’en défaire massivement vendredi.

La charge du président américain contre les banques a également fait bondir le yen, considéré comme une monnaie-refuge, face au dollar et à l’euro.

«Il était inévitable que les actions à New York dégringolent à cause de ce projet de durcissement des règlementations financières. Les fonds sont en train de fuir les actifs à risques pour le moment», a commenté Hideaki Higashi, stratège chez SMBC Friend Securities. Selon lui, «comme le secteur financier compte pour une large part de l’économie américaine, une régulation plus tricte peut affecter l’économie dans son ensemble».

En Asie, les remous liés à l’offensive de M. Obama ont enfoncé davantage des marchés plombés, toute la semaine durant, par des craintes de resserrement monétaire en Chine où l’économie risque la surchauffe.

«Les gens se dépêchent de vendre en raison des incertitudes liées aux propositions d’Obama sur les banques», a expliqué un courtier à Singapour. «Le facteur Chine, bien sûr, reste présent dans tous les esprits», a-t-il rappelé.