Bourse

Les bourses européennes ouvrent en baisse après le plongeon des places asiatiques

Les marchés européens ont ouvert en baisse mardi. En Suisse, le SMI chutait lui de 4% environ, avant de se ressaisir. Ce mouvement intervient alors que les bourses asiatiques ont suivi, dans la nuit, le chemin du Dow Jones qui a dégringolé lundi

L'onde de choc venue des États-Unis, où Wall Street a plongé de façon spectaculaire lundi soir, a gagné les marchés européens mardi matin après avoir déjà emporté les places asiatiques.

A l'ouverture en Europe, la baisse ne laissait aucune doute: -3,43% à la Bourse de Paris, -3,5% à Londres, -3,58% à Francfort, -3,3% à Madrid, -3,6% à Amsterdam. A Zurich, Le Swiss Market Index SMI perdait 4% environ.

«L'Europe se retrouve face à une vague rouge après le bain de sang sur les marchés américains» et ce «moins de deux semaines après un sommet historique» atteint par Wall Street, souligne Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, «la séance d'aujourd'hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l'année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés» dans une phase de baisse du marché, «ce que nous ne pensons pas».

Chute des bourses asiatiques

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a lâché 4,73% en clôture après être tombé de plus de 7% en séance, du jamais vu depuis l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche qui avait provoqué un mouvement de panique ponctuel.

Ailleurs dans la région, Sydney a fini en baisse de 3,20%, Hongkong perdait 4,4% à une heure de la clôture, tandis qu'en Chine continentale, l'indice composite de Shanghai a abandonné plus de 3%

L’année 2018 avait pourtant bien commencé, les indices enchaînant les records à New York mais, vendredi, la publication aux Etats-Unis du rapport mensuel sur l’emploi a subitement changé la donne. Bonne nouvelle pour l’économie américaine, l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés financiers en ravivant les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Lundi, les pertes se sont accrues et l'indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60%.

Lire à ce propos: Les bourses mondiales trébuchent

«Une phase de correction»

«Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper davantage que ce qui avait été anticipé», a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP.Les marchés entrent maintenant «dans une phase de correction», a commenté auprès de l'AFP Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

Le bitcoin sous les 6000 dollars

Autre actif risqué délaissé, la devise virtuelle bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute mardi, tombant même brièvement sous les 6000 dollars alors qu'il frôlait les 20 000 dollars en décembre. Il évoluait autour de 6260 dollars vers 8h00.

Toutefois, malgré ces impressionnantes dégringolades, les observateurs restaient sereins. «Le moment était venu d'une correction», estime Stephen Innes qui ne voit pas là les prémices d'un «krach». «Nous pensons que c'est une correction saine et en même temps éphémère», renchérissait Peter Garnry, analyste de Saxo Bank.

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