La crainte de voir la Grèce sortir de la zone euro gagnait en vigueur mercredi accélérant la chute des Bourses européennes et celle de la monnaie unique, à l’approche du sommet informel de l’Union européenne à Bruxelles attendu avec un pessimisme croissant par les marchés.

Après une ouverture en recul significatif sur toutes les places européennes, la baisse s’est fortement accentuée à la mi-journée et l’euro a même atteint un plus bas depuis août 2010 face au dollar.

A 10h10 GMT Paris perdait 2,04%, Londres 1,95%, Francfort 1,81%, Milan 2,94%, Madrid 2,10% et Zurich 0,87%.

A la même heure, l’euro valait 1,2633 contre 1,2684 dollar mardi vers 21h00 GMT, après être tombé vers 08h25 GMT à 1,2615 dollar, son niveau le plus faible depuis le 25 août 2010.

L’optimisme affiché la veille sur la capacité des dirigeants européens à trouver une solution pour remettre l’Union européenne sur la voie de la croissance, avait définitivement disparu mercredi à la mi-journée.

En cause, les déclarations mardi soir de l’ancien Premier ministre grec Lucas Papademos affirmant que «le risque que la Grèce quitte l’euro (était) réel» qui ont fait ressurgir toutes les anxiétés suscitées par le pays à l’origine de la crise de la dette et actuellement dans une situation de forte incertitude politique du fait de l’absence de majorité à l’issue des législatives du 6 mai.

L’Asie pique également du nez

Les bourses asiatiques, Tokyo en tête, ont également été touchées par l’inquiétude d’un énième rebondissement de la crise de la dette. La bourse de Tokyo a ainsi terminé en baisse de 1,98%, le yen subissant également le contrecoup des mauvaises nouvelles sur le front grec.

A l’approche de la rencontre des 27 chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union européenne (UE) dans la soirée à Bruxelles, les investisseurs semblent en effet douter de plus en plus de l’émergence de mesures concrètes, au vu des divergences toujours importantes entre la France et l’Allemagne, en particulier sur la création d’euro-obligations auxquelles l’Allemagne reste farouchement opposée.

Selon Chris Weston de IG Markets, le consensus des marchés est que les dirigeants de l’UE seront une nouvelle fois «très forts au niveau de la rhétorique, mais auront du mal à se mettre d’accord» sur des mesures décisives.

«Je ne pense pas que ce qui ressortira du sommet européen sera en mesure de changer profondément la situation de la Grèce ou de l’Espagne», a déclaré de son côté Junichi Ishiwaka, cambiste chez IG Market Securities à Tokyo.

«La réunion (de l’UE) doit se concentrer sur la croissance, mais nous sommes sceptiques sur le fait que quoi que ce soit puisse y être accompli» et qu’elle suffira à rassurer les marchés, ont noté les analystes de Lloyds Bank.

Pas d’euro-obligations en vue pour les Allemands

Mercredi matin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a d’ailleurs réaffirmé son opposition aux euro-obligations. «Tant qu’un pays mène sa propre politique budgétaire, il est exclu de mettre en commun la garantie pour les obligations», a-t-il dit, estimant que cela n’inciterait pas à la discipline, dans une interview à la radio locale allemande NDR.

Sur le marché obligataire une tension se faisait également sentir sur les taux d’emprunt des pays les plus fragiles de la zone euro, à savoir l’Espagne et l’Italie, pour lesquels les investisseurs redoutent un effet de contagion. A l’inverse les taux baissaient pour l’Allemagne et la France.