Les principales bourses européennes étaient très nerveuses lundi matin. Les marchés financiers oscillaient entre espoir d’une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) et craintes pour les économies mondiales, après la dégradation de la note américaine vendredi.

Après avoir ouvert en baisse, la plupart des places européennes sont repassées dans le vert quelques minutes après les premiers échanges, les interventions des dirigeants des finances du G7 et de la Banque centrale européenne semblant avoir évité un mouvement de panique.

Mais elles reperdaient du terrain dans la matinée. Zurich cédait 1,51% vers 11h30. Paris reculait de 1,83%, Francfort de 2,25% et Londres perdait 0,34%.

De leur côté, Madrid (+0,92%) et Milan (-0,15%), d’abord soulagées par l’annonce d’une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) sur le marché obligataire, réduisaient leurs gains.

La BCE a annoncé dimanche soir qu’elle allait «appliquer activement son programme» de rachat de dette publique de pays de la zone euro en difficulté, sans préciser de quels pays il s’agissait, mais les investisseurs ont immédiatement pensé à l’Espagne et à l’Italie.

Selon le ministre français de l’Economie François Baroin, la BCE est prête à racheter de la dette espagnole et italienne, si des investisseurs se retirent.

Véritable coup de tonnerre pour les marchés financiers, l’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s (S&P) a décidé vendredi de retirer aux Etats-Unis la prestigieuse note «AAA», la reléguant à AA+ avec une perspective négative.

Premiers à réagir lundi à cette dégradation, les marchés asiatiques ont accusé de fortes baisses, mais le krach redouté par certains n’a pas eu lieu. A la clôture, la Bourse de Tokyo a abandonné 2,18% et Hong Kong 2,17%. Shanghai a chuté de 3,79%.

La dégringolade a sans doute été évitée grâce à l’intervention des dirigeants des finances de la planète. Peu avant l’ouverture des marchés asiatiques, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 se sont engagés dans un communiqué à «prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la stabilité financière et la croissance», suivis par ceux du G20 dans la matinée.

La semaine dernière, la Bourse suisse avait chuté de 10,6%, retrouvant son plus bas niveau depuis la fin avril 2009. Celle de Francfort avait chuté de 13%, l’indice Footsie-100 des principales valeurs de près de 10% à Londres et le CAC 40 parisien de près de 11%. Aux Etats-Unis, le Dow Jones a perdu 5,75%, à l’issue de sa pire semaine depuis l’automne de 2008.