Bourses de l’Est à la traîne

Crise ukrainienne ou non, la bourse de Moscou reste la plus performante des pays d’Europe de l’Est ces dernières années. Comme les autres, elle a chuté pendant la crise de 2008, mais elle s’est maintenue à un niveau plus élevé. En mai, l’indice phare de la bourse russe, le Micex, a engrangé 10% pour son premier mois de l’année dans les chiffres verts et figure parmi les meilleures performances des marchés émergents.

Par comparaison, la performance de la bourse de Varsovie est de moins de 1% en mai, celle de Prague de 1,5%. Seule la bourse de Budapest a flambé comme celle de Moscou, gagnant également 10% au mois de mai. Aucune de ces places financières n’est revenue au niveau atteint avant la crise financière.

Accélération de la croissance

«D’un point de vue macroéconomique, l’Europe centrale semble attrayante pour les investisseurs», explique Andreas Höfert, chef économiste d’UBS Wealth Management, dans une note sur les pays de la région.

L’économiste, qui a parcouru la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, souligne toutefois la menace d’une escalade militaire plus à l’est, entre l’Ukraine et la Russie. «C’est pourquoi, actuellement, dans nos portefeuilles, nous restons neutres à l’égard de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie en tant que choix d’investissement», observe-t-il.

Comment expliquer cette prudence, alors que la Pologne, par exemple, n’a pas connu de récession depuis la chute du communisme? Le pays vient d’ailleurs de publier vendredi une accélération de sa croissance au premier trimestre. A 3,4% en rythme annuel, elle dépasse celle des trois mois précédents (2,7%). Selon la banque centrale, la progression du PIB devrait même atteindre 3,6% cette année.

«La crise de 2008 est encore dans tous les esprits», avance Maciej Wewior, qui juge cet élément plus prégnant qu’ailleurs, les petits investisseurs étant proportionnellement plus présents. En outre, certains mentionnent des évolutions législatives: les fonds de pension ont vu leur univers d’investissement s’ouvrir à d’autres classes d’actifs ces dernières années, délaissant en partie les actions. Une adhésion à la zone euro poussera peut-être davantage les investisseurs à s’intéresser à cette bourse. Pour l’heure, l’objectif reste, mais la date n’est plus évoquée.