DERIVES

Les Bourses des pays émergents bouleversent les hiérarchies

Le 27e forum du Bürgenstock laisse entrevoir de nouvelles tendances technologiques et l'ascension des marchés à terme asiatiques. Quatre figurent dans le Top 10.

Le 27e Forum international des marchés de produits dérivés et ses 240 participants venus de tous les continents hument pour la dernière fois l'air du Bürgenstock, au-dessus du lac de Lucerne. Les trois prochaines éditions de la rencontre se tiendront au Montreux Palace, en raison des vastes rénovations qui attendent le complexe hôtelier nidwaldien.

L'innovation technologique domine les débats. On assistera au XXIe siècle à autant de changements que durant les 20000 dernières années, selon Burkhard Varnholt, directeur du conseil en produits financiers à Credit Suisse. Il est donc vital de percevoir les grandes tendances. Le monde des marchés de produits dérivés en a conscience. Les Bourses doivent s'adapter à l'explosion des données. «Nous ne fournissons plus des données, mais nous apportons de l'intelligence à l'information», explique Steve Mitchell, directeur de Detica. Les marchés émergents ont l'avantage, face à ces défis technologiques, de ne pas gérer un héritage et de passer directement aux meilleures solutions informatiques. «Ces pays ont faim de réussite et n'hésitent pas à prendre des risques, alors que les Bourses traditionnelles doivent passer par une phase de transition pour adopter les nouveaux modèles», selon Daniel Gisler, membre de la direction d'Eurex, la plus grande Bourse de dérivés du monde. Sa position de leader risque de s'effriter. Les Bourses des pays émergents montent dans la hiérarchie, dans un premier temps grâce aux matières premières. Huit des 15 premières Bourses de «futures» sur matières premières sont en Asie, selon Adam Gross de la Cnuced. Le dynamisme des marchés indiens et chinois se traduit par le premier rang obtenu déjà en 2005 par le Dalian Commodities Exchange (Chine), dans les Futures sur produits agricoles (26% de part de marché). L'Asie détient 44% du marché des dérivés en matières premières. Et le Multi Commodity Exchange of India (MCX) est, après trois ans d'existence, au troisième rang mondial sur certains segments. Il y parvient alors que les investisseurs étrangers et les institutionnels locaux n'y sont pas admis et malgré une gamme de produits limitée. Les options n'y sont pas autorisées.

Ces Bourses sont nouvelles, mais investissent aussi dans la gestion des risques de discontinuité (terrorisme, pandémie ou autres), thème d'actualité, fort débattu par les participants. Ce défi fait intervenir une organisation sophistiquée, le sens de l'anticipation, et quantité d'aspects pratiques (salariés incapables d'aller au bureau en raison d'une grève), explique João Lauro Amaral, directeur à la Bourse de São Paulo (BM & F).

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