Les bourses continuentde s’apprécier

Marchés Le Nikkei, le DAX et le S&P 500 ont atteint leur plus haut depuis quinze ans cette semaine

Certains experts se montrent sceptiques

Les incertitudes autour de la dette grecque et les tensions persistantes en Ukraine ont dominé l’actualité récente. Mais rien n’y fait, les bourses continuent de s’apprécier. Trois indices ont franchi cette semaine des records ou ont renoué avec leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs décennies. C’est le cas au Japon du Nikkei, qui a grimpé à 18 360 points vendredi, son plus haut niveau depuis mai 2000. Aux Etats-Unis, l’indice élargi S&P 500 a dépassé jeudi soir les 2100 points, son record. Du côté des valeurs technologiques, l’indice Nasdaq a grimpé à 4930 points, se rapprochant de son record de l’an 2000.

Même tendance en Europe pour le DAX allemand, qui a clôturé à 11 050 points vendredi. Au final, seul l’indice SMI, malgré son rebond en février, évolue dans le rouge depuis début janvier, en raison du choc déclenché par l’abandon du taux plancher.

En Europe, les indicateurs avancés en amélioration ont contrebalancé l’impact négatif du dossier grec. Vendredi, l’indice PMI composite dans la zone euro a crû à 53,5 points en février (52,6 points en janvier), alors qu’il a atteint en France 52,2 points (49,3 points), son plus haut depuis trois ans et demi. «La peur d’un Grexit ne semble pas avoir un grand impact sur les indices PMI à ce jour. La discussion sur une sortie de la Grèce de la zone euro a perdu de son influence sur le climat des affaires», relève Alessandro Bee, économiste chez J. Safra Sarasin. Autre indicateur très suivi, l’institut Ifo devrait publier lundi un indice du climat des affaires aussi attendu en hausse pour février.

Les experts de demandent si le rally boursier peut se poursuivre. Mercredi, la banque LGT observait que le mouvement haussier actuel se poursuit depuis près de six ans, comparé à une durée moyenne de quatre ans si l’on remonte jusqu’à 1932. Toutefois, il y a aussi déjà eu des phases de hausse sortant de l’ordinaire, comme celle qui s’est étendue de 1980 à 2000. Outre la politique monétaire toujours accommodante pratiquée par les banques centrales, la récente baisse des prix de l’énergie est un argument supplémentaire capable de soutenir le mouvement de hausse actuel, juge LGT.

Plus prudente, la banque J. Safra Sarasin considère que la hausse récente intègre déjà en grande partie les attentes positives liées à la mise en place du programme de rachat d’actifs annoncé par la BCE. Aux Etats-Unis, le S&P 500 peut encore progresser si l’on en croit un sondage effectué par Reuters auprès des professionnels de Wall Street, qui prévoient un gain de 8% en 2015.

Dans un commentaire publié fin janvier, Bill Gross, qui a rejoint Janus Capital, s’inquiétait lui des «distorsions du capitalisme», caractérisées par une déflation à court terme et une croissance anémique, créant d’importants risques qui se révéleront au moment de la «partie finale du jeu». Plus direct, l’investisseur Marc Faber, cité par Moneynews, estimait quant à lui que l’on se trouve dans une «gigantesque bulle des actifs financiers» qui peut éclater à tout moment.

Le rally actuel dure depuis près de six ans, comparé à une durée moyenne de quatre ans depuis 1932