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Le président américain Donald Trump et Steven Mnuchin, le secrétaire D'Etat aux Trésor. Ce dernier serait opposé à la stratégie agressive en matière de politique commerciale de la Maison-Blanche.
© MANDEL NGAN/AFP PHOTO

Guerre commerciale

Les bourses rappellent Donald Trump à l’ordre

Le président américain est revenu sur sa décision d’exercer un contrôle plus strict sur les investissements chinois dans la haute technologie aux Etats-Unis. En même temps, les lobbies des exportateurs continuent à faire pression. Par ailleurs, la stratégie agressive du président ne ferait plus l’unanimité à la Maison-Blanche

Les bourses américaines ont commencé la séance de mercredi en forte hausse. La veille, elles avaient clôturé légèrement en vert. Mais lundi, c’était hara-kiri. L’information selon laquelle Donald Trump allait exercer personnellement un contrôle sur tout investissement chinois dans les entreprises américaines, notamment technologiques, avait hérissé les marchés. Apparemment, il a temporisé par la suite, ce qui explique le revirement des deux dernières séances.

Lire aussi: Donald Trump attaque la Chine sur la propriété intellectuelle

Les marchés financiers européens ont suivi le mouvement mercredi. Ils avaient ouvert en rouge avant d’être rassurés. En Asie, c’est une tout autre histoire. Les investisseurs craignent sérieusement que la guerre commerciale Etats-Unis - Chine ne restera pas sans effet. La plus grande perdante, la bourse de Shanghai, a reculé de 2,03% et Hang Seng (Hongkong) de 1,82%.

Ton conciliant

«Wall Street a lancé un avertissement au président Trump lundi, analyse Thomas Costerg, économiste spécialisé sur les Etats-Unis chez Pictet Wealth Management à Genève. Ce qui explique son ton conciliant et sa décision de renoncer à son pouvoir par rapport aux investissements chinois aux Etats-Unis.» Et d’ajouter: «C’est dommage qu’on en soit arrivé là, mais c’est peut-être aussi une phase nécessaire pour mettre le président sur la bonne voie.»

«S’il arrondit les angles, c’est qu’il est sensible aux messages que lui envoient les marchés, poursuit l’économiste de Pictet. L’an dernier, il se félicitait des hausses boursières, qu’il liait à ses mesures économiques, notamment les baisses d’impôts pour les entreprises.» Thomas Costerg met toutefois en garde le président Trump au sujet de l’entrée en vigueur des droits de douane sur des importations chinoises d’une valeur de 50 milliards de dollars, officiellement prévue pour la semaine prochaine. «Il est aussi attendu sur l’introduction potentielle des tarifs douaniers sur l’automobile, ce qui serait une mauvaise nouvelle», prévient-il également.

Pression sur le président

Il n’y a toutefois pas que Wall Street qui appelle le président Trump à la raison. Outre les producteurs de blé, de soja et de maïs qui comptent sur le marché chinois, les exportateurs de gaz de schiste mettent aussi la pression. Selon le Financial Times de mercredi, plusieurs projets d’exploitation ont été suspendus ces dernières semaines et le secteur presse l’administration américaine de revoir sa stratégie. A ce stade, la Chine n’a pas annoncé son intention de sanctionner le gaz américain, mais les exportateurs craignent qu’elle ne change d’avis en cas d’escalade. A elle seule, la Chine a absorbé 44% des exportations mondiales de gaz l’an dernier.

Lire également: Des négociations commerciales secrètes entre Chine et Etats-Unis

Enfin, une autre raison pousserait le président Trump à de meilleurs sentiments: sa stratégie en commerce international ne ferait plus l’unanimité à Washington. Selon plusieurs observateurs, le secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin, serait partisan d’une approche moins agressive que Peter Navarro, conseiller à la Maison-Blanche en matière commerciale, Robert Lighthizer, le chef négociateur commercial américain, et John Bolton, conseiller du président sur la sécurité nationale. Ces derniers sont qualifiés de «faucons» de l’administration Trump. Lundi, Steven Mnuchin était allé jusqu’à qualifier l’information sur le contrôle des investissements chinois de fake news.

Nouvelle démission

Autre preuve de dissension: Everett Eissenstat, le sherpa du président Trump aux sommets du G7 et du G20, a démissionné mardi. En mars, Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, avait quitté l’administration Trump également pour son désaccord sur la politique commerciale.

Christopher Gannatti, directeur de la recherche de l’émetteur d’ETF WisdomTree, relativise le lien entre l’évolution des marchés et la stratégie commerciale du président Trump. «Les démissions de Gary Cohn ou d’Everett sont des faits de la vie et ne touchent pas la volonté du président Trump, qui consiste à faire respecter la propriété intellectuelle en Chine ou encore à renégocier des accords commerciaux, dit-il. Sa méthode peut paraître agressive, mais les investisseurs aiment aussi l’idée qu’il tente de résoudre certains problèmes.»

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