British Petroleum (BP) augmente son bénéfice trimestriel de 68% par rapport à la même période de l’année précédente, selon le communiqué. Il atteint 4,38 milliards de dollars au quatrième trimestre (hors effets extraordinaires), mais reste inférieur aux attentes des marchés financiers (4,70 milliards).

L’action plonge de 5% en bourse mardi, malgré une hausse du cours du pétrole. Ce sont surtout les activités de raffinage qui troublent les analystes. Les marges y sont au plus bas depuis 15 ans, selon Tony Hayward, président de la direction de BP. Hors effets extraordinaires, le bénéfice atteint 4,3 milliards, contre une perte de 3,3 milliards il y a un an.

Le patron du groupe prévoit une modeste reprise du marché pétrolier en 2010. La demande devrait s’accroître de 500’000 à 800’000 barils/jour cette année. Quant au cours du pétrole, Hayward prévoit un prix oscillant entre 60 à 90 dollars ces prochaines années.

Le bénéfice d’exploitation du Britannique est très solide, selon les analystes. Il traduit les efforts de forte baisse des coûts. Lundi, le numéro un mondial, Exxon Mobil avait présenté un bénéfice de 6,5 milliards de dollars (-23%) et déclaré vouloir investir dans les régions les plus risquées de la planète. BP emploie une stratégie similaire puisqu’il entend déplacer ses investissements vers les marchés émergents, notamment Chine et en Inde, plutôt que dans les marchés matures. Il s’intéresse particulièrement au Brésil et, avec China Petrochemical, à la Chine, et entend investir 15 milliards en Irak.

La production de BP s’est accrue de 4% en 2009, 4 millions de barils/jour en moyenne, selon la société. Le groupe prévoit une diminution en 2010. Le Britannique a l’avantage de pouvoir, pour la 17e année consécutive, augmenter ses réserves plus rapidement que d’en extraire du pétrole (taux de 129%).