De cette image se dégagent tranquillité et sérénité. Un smartphone blanc, posé sur une table en bois, avec juste à côté un petit bracelet argenté. Sur l’écran du téléphone sont affichées plusieurs valeurs. De quoi donner l’impression à l’utilisateur qu’il aura le contrôle total. Mais c’est un contrôle un peu particulier. Jeudi soir, Amazon a présenté un bracelet connecté capable d’offrir un service futuriste: analyser le son de la voix de l’utilisateur pour détecter ses émotions. L’entreprise américaine permet, en parallèle, de mesurer la graisse via une simple photo.

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Baptisé Halo, ce bracelet est déjà disponible en précommande aux Etats-Unis. Son prix: 64,99 dollars (l’équivalent de 59 francs) à son lancement, puis 99,99 dollars. Le prix de base comprend six mois d’abonnement. Après ces six mois, il en coûtera 3,99 dollars mensuels. Avec ces tarifs, Amazon s’aligne sur les prix des bracelets connectés de Fitbit, mais offre des prix environ deux fois moins élevés par rapport au modèle le moins cher d’Apple Watch – mais en y ajoutant un abonnement.

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Deux micros

Pour son entrée, jugée tardive par certains, sur le marché de la santé, Amazon frappe les esprits avec deux fonctions. D’abord en lien avec la voix. Dénué d’écran, Halo est par contre équipé non pas d’un, mais de deux micros. L’utilisateur pourra choisir de les activer pour que l’appareil analyse sa façon de parler. «La fonction innovante Tone utilise le machine learning pour analyser l’énergie et la positivité de la voix d’un client (sic) afin qu’il puisse mieux comprendre comment il peut parler aux autres, ce qui contribue à améliorer sa communication et ses relations, détaille Amazon. Par exemple, les résultats de la fonction Tone peuvent révéler qu’un appel professionnel difficile entraîne une baisse de la positivité dans la communication avec la famille du client, ce qui indique l’impact du stress sur le bien-être émotionnel.»

Il y a donc un mélange entre vie privée et professionnelle avec cette fonction Tone. Les micros s’activent en cliquant sur un côté du bracelet et l’utilisateur sait qu’ils ne sont pas actifs lorsqu’une lumière rouge s’allume. Le bracelet va enregistrer périodiquement, au long de la journée, des extraits de conversation. Les enregistrements sont transmis, via Bluetooth, à son téléphone et une app dédiée va les analyser et dire à l’utilisateur si elle estime qu’il est «content» ou «préoccupé», par exemple.

Plusieurs promesses

Amazon assure que les extraits vocaux ne quitteront jamais le téléphone: c’est uniquement là qu’ils seront enregistrés de manière temporaire, en étant protégés par un chiffrement. Après une analyse locale, ils seront effacés. Amazon assure que ces sons ne transiteront jamais par ses serveurs et ne serviront pas à des études globales. Autant de promesses qui demanderont à être vérifiées: ces derniers mois, l’on avait appris que la plupart des géants de la tech avaient utilisé des extraits vocaux, enregistrés via leurs assistants domestiques, pour des analyses.

Le bracelet propose plusieurs autres fonctions, plus classiques celles-là: mesurer l’activité en journée, compter les pas, mais aussi mesurer la qualité du sommeil en se basant notamment sur la température corporelle. L’app permettra de se fixer des objectifs en termes d’activité et de les atteindre.

Photos en petite tenue

En parallèle, l’app proposera une autre fonction, beaucoup plus innovante et qui suscite déjà des critiques. Elle utilisera la caméra du téléphone pour mesurer la graisse du corps. Amazon suggère de prendre une photo de soi de face, de dos ou de profil, en sous-vêtements pour que l’on voie au mieux son corps. L’app sera (ou plutôt serait) capable de mesurer le pourcentage de graisse, en se basant sur plusieurs indicateurs. Le programme va ensuite créer une image modélisée de soi en trois dimensions. Le taux de graisse serait, selon Amazon, un indicateur beaucoup plus précis que le poids.

Comme pour la voix, Amazon assure respecter la vie privée de ses utilisateurs. Pour ce service, les images seront analysées via les serveurs de la société, mais seront ensuite effacées dans les douze heures. La multinationale promet qu’elles ne seront pas vues par ses employés et ne serviront pas à améliorer ses algorithmes. Autant de promesses, là aussi, à tenir sans faillir pour espérer obtenir l’adhésion de nombreux utilisateurs.

On ne sait pas encore si ces services et ce bracelet seront disponibles en Suisse, mais ce n’est peut-être qu’une question de mois.