C’est un mariage entre deux entreprises mal en point qui se dessine. Le fabricant de montres connectées Pebble serait sur le point de se faire racheter par Fitbit, spécialisé dans les bracelets utilisés surtout pour le sport. Cette alliance probable entre deux sociétés en difficultés financières illustre la crise que traverse le marché des objets connectés que l’on porte au poignet.

L’appétit de Fitbit pour Pebble a été révélé par le site The Information, alors que The Verge a obtenu de son côté confirmation de négociations entre les deux sociétés. Si elle devait se conclure, l’opération aboutirait certainement à la disparition des montres connectées de Pebble, Fitbit étant avant tout intéressé à la propriété intellectuelle détenue par sa proie.

Depuis plusieurs mois, Pebble serait à la recherche d’un acquéreur. Le prix du rachat se situerait entre 35 et 40 millions de dollars. Signe de la descente aux enfers de Pebble, Citizen aurait offert 740 millions de dollars pour le racheter en 2015, mais Pebble aurait alors refusé, selon le site Techcrunch.

Succès via Kickstarter

Pebble avait été rendue célèbre en lançant sa première montre connectée en 2012, deux ans avant l’Apple Watch. La société avait aussi démarré via une campagne de financement participatif, via Kickstarter, unanimement saluée: 40 millions de dollars avaient été levés ainsi, plus 15 millions via du capital-risque classique.

Cette somme avait permis à la société américaine de lancer plusieurs montres connectées, coûtant environ 150 francs. Fonctionnant tant avec des smartphones Android que des iPhones, ces montres, équipées d’une plateforme ouverte, ont accueilli plus de mille applications. Les derniers modèles sont entre autres capables de mesurer le rythme cardiaque, de se connecter à Spotify et à l’assistant virtuel d’Amazon, Alexa.

Chute des ventes

Pebble, non-coté en bourse, ne donne pas de chiffre sur la marche de ses affaires. En juin, la société se séparait de 25% de ses effectifs, soit 40 personnes, à cause de ventes en repli. Le marché est devenu difficile pour les montres connectées. Fin octobre, le cabinet de recherche IDC notait, dans une étude, que les ventes globales avaient baissé, en une année, de moitié sur le plan mondial au troisième trimestre, à 2,7 millions d’unités. Selon IDC, Pebble est le cinquième vendeur de montres connectées sur la planète, avec une part de 3,2%. Et en un an, ses ventes ont aussi été divisées par deux, passant de 200 000 à 100 000 unités.

Apple, numéro un du marché avec une part actuelle de 41,3%, aurait de son côté vu ses ventes chuter de 72%, toujours selon IDC. Dans une note, le cabinet de recherche se montrait pessimiste: «Il est désormais évident que les smartwatches actuelles ne sont pas pour tout le monde. […] Beaucoup de vendeurs se concentrent sur le fitness, grâce à sa simplicité. Cependant, différencier l’expérience liée à une smartwatch et à un smartphone sera la clé». Les téléphones sont dotés de plus en plus de capteurs, rendant, pour certains, l’utilisation d’une montre connectée inutile.

Fitbit en baisse

Les fabricants de bracelets tels Fitbit souffrent de maux similaires. Et de nombreux utilisateurs rangent dans un tiroir leur accessoire après quelques semaines d’utilisation. Fitbit souffre actuellement. Son action, proposée à la bourse à 50 dollars en 2015, n’en vaut plus que 8, la faute en partie d'un avertissement sur résultat, début novembre, qui avait fait perdre 31% au titre. Ses ventes, espérées par les investisseurs d’un milliard de dollars au quatrième trimestre, ne devraient se situer qu’entre 725 et 750 millions.


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