Credit suisse

Brady Dougan: «C’était une erreur historique»

Credit Suisse auditionné pendant trois heures devant une sous-commission du Sénat américain. Les dirigeants de la banque ont juré ne plus accueillir d’argent non déclaré

Brady Dougan: «C’était une erreur historique»

Fraude Credit Suisse auditionné pendant trois heures devant une sous-commission du Sénat américain

Les dirigeants de la banque ont juré ne plus accueillir d’argent non déclaré

Quatre hauts responsables de Credit Suisse, dont le directeur général, Brady Dougan, face à quatre sénateurs, dont le président de la sous-commission permanente d’enquête du Sénat, le démocrate du Michigan Carl Levin. Pendant une audition de près de trois heures dans une salle du Sénat, les questions de Carl Levin et du républicain John McCain percutent, poussant les représentants de Credit Suisse à s’expliquer sur les pratiques jugées «systémiques» d’incitation à l’évasion fiscale dénoncées dans un rapport publié mardi par le Congrès.

«Après l’affaire UBS, on nous avait dit que le secret bancaire, c’était du passé. La triste réalité, c’est qu’il n’a pas disparu, même s’il a été entamé», a d’emblée lâché le président de la sous-commission. Face aux interrogations insistantes de ce dernier, Brady Dougan, qui a l’avantage de connaître les codes américains, résiste. Et réplique: «Au cours des cinq dernières années, Credit Suisse a été l’un des ­leaders pour transformer le système et transmettre des informations» aux autorités américaines. «Pour moi, c’est clair, a-t-il ajouté, les banques suisses ne peuvent ­gérer que des fortunes déclarées. Le contraire serait inacceptable.» Le directeur général de Credit Suisse souligne que son établissement a fortement soutenu l’adoption de la législation Fatca et du nouveau traité de double imposition entre les Etats-Unis et la Suisse.

Pour minimiser les événements du passé d’avant 2009 (date à partir de laquelle la nouvelle convention de double imposition s’appliquera), les représentants de Credit Suisse ont expliqué que le traité allait grandement faciliter l’échange d’informations pour autant que le Sénat américain le ratifie un jour. Cela n’a pas empêché le républicain John McCain de qualifier de «plaisanterie» les 238 noms fournis jusqu’ici par Credit Suisse sur ses 22 000 titulaires de comptes américains en 2006. Les sénateurs devaient d’ailleurs également, plus tard dans la journée, questionner le vice-ministre américain de la ­Justice sur son manque de résultats, selon eux, dans ce dossier.

Face à l’insistance de Carl Levin, Brady Dougan a rappelé que son établissement ne pouvait pas violer le droit suisse: «Nous sommes prêts à livrer des informations de manière légale.» Il a néanmoins reconnu que Credit Suisse avait commis une «erreur historique» en acceptant les voyages de collaborateurs aux Etats-Unis pour démarcher des clients américains. Ses ­propos n’ont toutefois pas amadoué l’opiniâtre sénateur démocrate. Carl Levin a accusé la banque de se réfugier derrière la législation suisse. Il a aussi critiqué le gouvernement et le parlement, voire les tribunaux suisses, qui s’activeraient pour maintenir les activités bancaires du pays sous le sceau du secret.

Le président de la sous-commission a aussi ironisé sur la «soi-disant» enquête interne menée par la banque, s’étonnant qu’il n’y ait toujours pas de rapport global écrit, alors que Credit Suisse se vante d’avoir effectué un travail très sérieux. Les quatre représentants de l’établissement bancaire ont été empruntés quand il s’est agi d’expliquer qui était responsable des relations clients avec les clients américains: une structure appelée SLAN, où devaient normalement être ­concentrés tous les dossiers liés aux Etats-Unis, ou huit autres services de la banque mentionnés dans le rapport Levin? A la question de savoir si des collaborateurs avaient été licenciés pour avoir incité à frauder le fisc, Brady Dougan s’est contenté de préciser que, vu que les ­services en question ont depuis été fermés, les collaborateurs concernés ont quitté la banque.

Les 238 noms livrés? «Une plaisanterie», selon John McCain

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