Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a fait de la régulation financière son cheval de bataille, ne devrait pas manquer d’aborder le sujet dans son discours d’ouverture du quarantième Forum économique mondial (WEF) à Davos, où sont attendus du 27 au 31 janvier une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernements, banquiers, et les patrons des plus grands groupes mondiaux.

Fervent avocat d’un nouvel ordre économique mondial, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devrait lui emboîter le pas.

La question, à l’agenda des pays du G20 depuis avril, est devenue encore plus brûlante après l’annonce du président américain Barack Obama la semaine dernière de mesures visant à limiter la taille et les activités spéculatives des banques afin de mettre fin aux excès ayant mené à la crise.

Les banquiers, qui ont recommencé à distribuer d’énormes bonus quelques mois à peine après avoir été renfloués à coup de milliards par les gouvernements, craignent que ces mesures ambitieuses n’inspirent d’autres pays.

Le Conseil de stabilité financière (CSF), chargé de réfléchir à la réforme du secteur, les a saluées tandis que Paris a d’ores et déjà fait savoir, par la voix de sa ministre de l’Economie Christine Lagarde, qu’elles correspondaient «tout à fait aux positions que la France a soutenues».

L’Espagne qui assure la présidence tournante de l’Union européenne les a bien accueillies. Berlin a jugé ces propositions «utiles» tout en appelant à les «évaluer dans des discussions internationales». Quant au ministre britannique des Finances Alistair Darling, il s’est montré plus sceptique, notamment sur leur faisabilité.

Du côté du WEF, on reconnaît la nécessité de réformes du secteur. «Quelque chose ne va fondamentalement pas» dans le secteur financier, a estimé récemment le patron fondateur du Forum, Klaus Schwab. «Nous voulons confronter les dirigeants» à cette réalité, a-t-il assuré.

Mais les banquiers, attendus nombreux cette année (Deutsche Bank, UBS, Credit suisse, Société générale, Morgan Stanley), sont bien décidés à ne pas tout accepter et préparent, selon les analystes, une grande opération de lobbying à Davos.

Les quelque 2.500 invités triés sur le volet, avec l’administration américaine réduite au principal conseiller économique du président, Larry Summers, auront donc du pain sur la planche pour parvenir à un consensus.

De même que sur les perspectives de croissance mondiale, tant les opinions sont partagées entre optimistes et ceux qui prévoit une rechute de l’économie mondiale, faute de relais aux plans de relance gouvernementaux.

La «crise sociale» qui constitue, selon le WEF, une des principales menaces de l’année 2010 en raison de la flambée du chômage, devrait également faire l’objet de nombreux débats.

Enfin, deux semaines après le violent séisme qui a dévasté Haïti le 12 janvier, une session spéciale sera consacrée à la reconstruction long terme du pays en présence de l’ancien président américain Bill Clinton, devenu émissaire spécial des Nations Unies en Haïti.

Au-delà de ces questions, Davos devrait une nouvelle fois faire office de lieu de rencontres privilégié pour les invités de marque, offrant la possibilité de centaines de rendez-vous discrets en un minimum de temps. Le tout autour d’une coupe de champagne qui devrait couler de nouveau après une édition 2009 plus austère.