«Une nouvelle ère pour les montres de luxe suisses», selon le communiqué de presse. Mardi soir, Breitling a annoncé qu’elle avait signé un partenariat avec le groupe chinois Alibaba pour «établir un nouveau standard dans la vente en ligne et dans l’engagement avec les consommateurs pour les marques de luxe en Chine». Cette nouvelle a été communiquée lors d’un événement XXL organisé cette semaine à Pékin.

Dans les faits, la marque horlogère en mains du fonds d’investissement luxembourgeois CVC a rejoint depuis ce milieu de semaine la plateforme de commerce en ligne Tmall, gérée par Alibaba. Lancée en 2008, Tmall se présente comme la plus grande plateforme de commerce électronique chinoise. Breitling profite de cette annonce pour promouvoir sa nouvelle collection, Premier.

Accélération globale

«La Chine montre la voie dans le processus de numérisation globale, estime Georges Kern, cité dans un communiqué de presse. Comme marque horlogère suisse haut de gamme, Breitling reconnaît l’importance d’accélérer le rythme de sa présence numérique en Chine.» L’ex-homme fort du groupe Richemont va plus loin et dit vouloir faire de Breitling «le leader de l’industrie horlogère dans ce domaine».

Georges Kern se dit en outre «très heureux» de ce partenariat stratégique signé avec Alibaba. «Cette présence sur Tmall […] est sans aucun doute un bon début à l’heure où nous nous ouvrons à une nouvelle ère du retail et du commerce omni-channel.» Georges Kern espère notamment que cette incursion en ligne permettra davantage d’engagements avec les jeunes clients chinois.

Cet accent mis sur la Chine ne doit pas empêcher la marque de poursuivre ses efforts sur les autres régions. «La numérisation a rendu le marché chinois plus ouvert et transparent ces dernières années. Les Chinois savent exactement quelles marques ont du succès. Pour être crédible en Chine, il faut réussir dans le reste du monde», soutient Georges Kern dans une interview publiée par la Handelszeitung jeudi.

Présence modeste

Malgré ces annonces, la présence physique de Breitling reste encore modeste en Chine, selon les mots du directeur général. Dans nos colonnes en octobre dernier, il déclarait: «Nous y sommes toujours très largement sous-distribués; nous avons environ 25 points de vente en Chine continentale. Mais cela prend du temps: il faut trouver les bons endroits, dans les bons centres commerciaux… Cela ne se fait pas en un claquement de doigts!»

Lire aussi: Georges Kern: «Breitling a trop de potentiel pour que l’on doute de son succès»

Breitling n’est pas la première entreprise suisse à s’associer avec Alibaba. Fin octobre, le groupe de luxe genevois Richemont a annoncé également un partenariat. D’autres sociétés comme Migros ou la marque horlogère Titoni sont déjà liées avec le géant de l’e-commerce.