L’invité

Brexit, ou comment l’Angleterre risque de rejoindre la France et le Brésil!

Nous verrions bien un «hard Brexit», qui ne viendra pas des Anglais eux-mêmes, quoiqu’en pensent certains, mais qui proviendra d’une Union européenne désireuse de faire un exemple

L’Europe est mal gérée, et les Accords de Schengen constituent une utopie ayant engendré nombre de fantasmes plus ou moins exacts, au point de provoquer le rejet de l’Union européenne par une majorité de Britanniques.

Il est vrai que la libre circulation des personnes relève de l’hérésie, générant des travailleurs détachés hautement concurrentiels pour nombre de populations, un phénomène aux conséquences multiples, dont celle de profiter largement à une extrême droite européenne en constante progression.

L’Angleterre est donc sortie, dans un cadre politique surtout «anti-migrants», en oubliant toutefois que La City notamment, s’est fortement enrichie ces dernières années grâce à l’Europe!

L’Irlande et l’Ecosse pourraient s’en séparer

Par ailleurs, il n’est pas impossible que l’Irlande et l’Ecosse décident de se séparer plus avant de la Grande-Bretagne afin de ne pas avoir à supporter les conséquences d’un Brexit qui les couperaient de certains avantages que procure malgré tout l’Union européenne. Les discussions portant sur cette volonté d’indépendance sont à ce propos déjà bien avancées! Si un tel événement devait se produire, nous verrions un Commonwealth autrefois titanesque se muer alors en un «petit pays»!

Que ce soit au niveau des nations ou de notre vie privée, nous constatons qu’Héraclite déclamait, à raison: «Rien n’est permanent, sauf le changement»! Que va-t-il se passer maintenant?

En observant la situation actuelle en Grande-Bretagne et les premières décisions de Theresa May, le nouveau Premier Ministre britannique, je ne peux être que pessimiste sur l’avenir de ce pays.

Tout d’abord, contrairement à une idée largement répandue, il n’y aura pas de «soft Brexit». En revanche, nous verrions bien un «hard Brexit», qui ne viendra pas des Anglais eux-mêmes, quoiqu’en pensent certains, mais qui proviendra d’une Union européenne désireuse de faire un exemple pour dissuader tout autre peuple envisageant de copier ce «mauvais élève».

Une Europe intransigeante

L’Europe va donc se montrer intransigeante, supprimant toute forme de subvention à destination de la Grande-Bretagne, vis-à-vis de son agriculture notamment, et va augmenter significativement les droits de douane rendant, de fait, les exportations britanniques beaucoup moins concurrentielles et affaiblissant l’économie anglo-saxonne.

Concernant La City, la perte de son passeport européen est une catastrophe pour elle puisqu’elle ne pourra plus proposer librement ses produits et services financiers un peu partout en Europe.

Or, à cette nouvelle intransigeance européenne, se rajoutent dès maintenant les mauvaises décisions de Theresa May qui elles aussi, vont affaiblir l’économie britannique.

La Suisse n’en profitera pas

Socialiste, protectionniste, en faveur d’un Etat qui, comme en France, veut mener une politique industrielle tout en étant anti-immigration, Theresa May est exactement l’inverse de la très libérale Margaret Thatcher, car elle propose maintenant une politique beaucoup plus sociale qu’économique, sur fond de hausse de la fiscalité pour plus de répartition.

Or ce type de politique, qu’on le veuille ou non, dans une mondialisation où nombre de pays se veulent fiscalement avantageux pour attirer de nombreuses entreprises en provenance du monde entier, est un désastre. La France et le Brésil par exemple, ont suivi cette politique, générant souvent un chômage de masse, une récession économique et une dévaluation de la monnaie.

Les marchés financiers et l’économie ne s’y trompent d’ailleurs pas, la livre sterling ayant déjà subi une dévaluation avec notamment un flash crash important sur les marchés monétaires asiatiques dernièrement.

Quant aux produits importés par la Grande-Bretagne, ils ont déjà généré de l’inflation car ils sont maintenant beaucoup plus chers pour elle. Et cela ne s’arrêtera pas là.

Il y aurait bien un début de solution pour la Grande-Bretagne, à savoir devenir un paradis fiscal, mais il n’est pas sûr que Theresa May aille dans ce sens.


Quant à La City, nombre de pays tentent en ce moment même de récupérer le chaland. A l’instar de François Hollande qui, après avoir déclaré en 2012, «Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance», s’est semble-t-il quelque peu ravisé en mandatant dernièrement un «Monsieur Brexit» à Londres dans le but d’attirer des établissements financiers à Paris. Quatre ans après son discours du Bourget, sa meilleure amie aujourd’hui, c’est la finance!

Actuellement, je serais vendeur net d’immobilier à Londres, vu les prix actuels, pour en acheter ailleurs. Et je ne me fais pas d’illusion.

La Suisse ne profitera pas du Brexit, car sans passeport européen, tout comme elle l’est maintenant, la Confédération supporte encore un désavantage important qui l’empêche de se développer plus avant.


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